Origine et histoire des fortifications
Les fortifications de Dun-sur-Auron, situées dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire, datent du 4e quart du XIIe siècle. Ce système défensif monumental, inscrit aux monuments historiques depuis le 20 décembre 1988, se compose d’une enceinte ovale et carrée, doublée de fossés, ainsi que de tours emblématiques comme la grosse tour (ruinée) et les tours de la Meusnerye, du Bergier et Colin. Ces structures, reliées par des courtines, protégeaient une motte castrale et une Grande Cour, témoignant d’une architecture militaire sophistiquée pour l’époque.
À l’origine, Dun-sur-Auron servait de bastion avancé du domaine royal capétien dès 1101, avec une première enceinte renforcée ultérieurement. Entre 1202 et 1203, Philippe Auguste fit remanier entièrement les fortifications : ajout de courtines, de tours latérales et d’un donjon, marquant une phase majeure de modernisation. Les fouilles des années 1950 (mission Buzançais) ont permis de restituer partiellement le plan d’origine, révélant trois enceintes successives (Châtelet, Châtel-Vieil, Châtel-Neuf) abritant la majorité de la population médiévale.
L’ensemble défensif, partiellement détruit (donjon arasé en 1847, courtines réduites au XVIIIe siècle), conservait des éléments clés comme les toitures des postes de sentinelle et des appareillages en pierre de taille. Les tours, transformées en prisons au XVIe siècle, illustrent l’évolution de leur usage. Aujourd’hui, les vestiges protégés (grosse tour, trois tours d’enceinte, courtines) appartiennent à la commune et rappellent le rôle stratégique de Dun-sur-Auron dans la défense du territoire royal.
La toponymie de Dun (attestée sous Duno en 1095 et Dunesi à l’époque carolingienne, 880) renvoie au terme gallo-romain Dunum, signifiant « enceinte fortifiée ». Ce passé linguistique souligne l’ancrage défensif ancien du site, bien avant les aménagements capétiens. Les sources archéologiques et textuelles (comme les travaux de Jacqueline Soyer sur les fortifications circulaires) confirment l’importance régionale de ce complexe militaire.
Architecturalement, les fortifications combinent des techniques variées : murs en moellons, parements en pierre de taille, et toits coniques (comme celui du donjon, autrefois recouvert de plomb). La Salle-le-Roi (XVe siècle), construite sur l’emplacement d’une maison-forte disparue, abritait des services judiciaires et une chapelle, reflétant la dualité militaire et administrative du site. Les investigations des années 1950 ont permis de cartographier ces superpositions historiques.
Aujourd’hui, le site, propriété communale, offre un témoignage tangible des stratégies défensives médiévales en Berry. Son inscription au titre des monuments historiques et sa mise en valeur locale (via des programmes comme ceux de la DIREN Centre-Val de Loire) en font un patrimoine clé pour comprendre l’urbanisation et la militarisation du territoire sous les Capétiens.