Frise chronologique
1167
Construction première enceinte
Construction première enceinte
1167 (≈ 1167)
Muraille médiévale commandée par le comte Bauduin.
1396
Incendie du château comtal
Incendie du château comtal
1396 (≈ 1396)
Non reconstruit, enceinte jugée suffisante.
XIVe siècle (milieu)
Seconde muraille médiévale
Seconde muraille médiévale
XIVe siècle (milieu) (≈ 1450)
Six portes, 22 tours, surface double.
1678
Traité de Nimègue
Traité de Nimègue
1678 (≈ 1678)
Maubeuge rattachée à la France.
1679–1685
Travaux de Vauban
Travaux de Vauban
1679–1685 (≈ 1682)
Remplacement enceinte médiévale par système bastionné.
1701
Ouverture manufacture d’armes
Ouverture manufacture d’armes
1701 (≈ 1701)
Développement économique lié aux fortifications.
1701–1713
Guerre de Succession d'Espagne
Guerre de Succession d'Espagne
1701–1713 (≈ 1707)
Ajout camp retranché et lunettes.
1836
Agrandissement lunette de l’Étang
Agrandissement lunette de l’Étang
1836 (≈ 1836)
Modification cours de la Pisselotte.
1924
Classement porte de Mons
Classement porte de Mons
1924 (≈ 1924)
Première protection Monument Historique.
1947
Classement ensemble fortifications
Classement ensemble fortifications
1947 (≈ 1947)
Protection étendue aux vestiges nord Sambre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les bâtiments et fortifications de la Porte de Mons, indiqués par une teinte rose sur le plan annexé à l'arrêté et délimités : au nord par la limite des terrains militaires, au sud par une ligne AB d'environ 60m.50 passant par la façade sud du grand bâtiment, au sud-est et au sud-ouest par des lignes BC et AE passant par l'angle du mur de la contrescarpe du fossé extérieur de la demi-lune : classement par arrêté du 17 janvier 1924 - L'ensemble des vestiges des anciennes fortifications au nord de la Sambre et comprenant les portes, les ouvrages, les fossés, les murs d'escarpe et de contrescarpe : classement par arrêté du 21 octobre 1947
Personnages clés
| Bauduin (comte) - Commanditaire |
Ordonne première enceinte en 1167. |
| Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire |
Conçoit l’enceinte bastionnée (1679–1685). |
| Louis XIV - Commanditaire royal |
Ordonne modernisation après traité de Nimègue. |
Origine et histoire
Les fortifications de Maubeuge trouvent leur origine au Moyen Âge avec un château comtal construit au XIIe siècle, suivi d’une première enceinte en 1167, puis d’une seconde muraille au XIVe siècle, dotée de six portes et 22 tours. Cette enceinte médiévale, jugée suffisante après l’incendie du château en 1396, protégeait une surface deux fois plus grande que celle conçue ultérieurement par Vauban. La ville abritait aussi une enceinte spécifique pour le Chapitre Sainte-Aldegonde, reflétant son importance stratégique dès cette époque.
Au XVIIe siècle, après le traité de Nimègue (1678) qui rattache Maubeuge à la France, Louis XIV confie à Vauban la modernisation de ses défenses. Entre 1679 et 1685, l’ingénieur militaire rase l’enceinte médiévale pour ériger un système bastionné adapté à l’artillerie, moins exposé grâce à l’escarpement du terrain. Le chantier mobilise 8 000 ouvriers, dont des paysans locaux et des Italiens. La nouvelle enceinte, réduite en superficie, intègre sept bastions à orillons, deux portes (Mons et Avesnes), et des ouvrages extérieurs comme des demi-lunes et tenailles, exploitant aussi l’hydrographie locale (Sambre, ruisseau de la Pisselotte) pour des inondations défensives.
Les fortifications évoluent aux XVIIIe et XIXe siècles : pendant la guerre de Succession d’Espagne (1701–1713), un camp retranché de 55 hectares est ajouté, complété par des lunettes devant les bastions de la Croix et des Jésuites. Une manufacture d’armes ouvre en 1701. En 1836, la lunette de l’Étang est agrandie, modifiant le cours de la Pisselotte. Malgré des destructions pendant la Première Guerre mondiale, une partie des remparts (bastions des Jésuites, Bavay, Capucins, Croix, Falize) et la porte de Mons subsistent aujourd’hui. Classées Monuments Historiques en 1924 et 1947, ces fortifications abritent désormais un office de tourisme et un musée dédié à Vauban.
L’héritage de Vauban à Maubeuge illustre l’adaptation des villes frontalières aux enjeux militaires des XVIIe–XIXe siècles. Le système défensif, combinant innovations bastionnées et gestion hydraulique, témoigne de la stratégie du Pré carré pour protéger le royaume. Les restaurations récentes (années 2000) ont permis de préserver ce patrimoine, notamment le réduit de la demi-lune de Mons, tout en l’ouvrant au public.