Construction de la porte de Bourgogne Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Tour carrée et passage voûté édifiés.
Vers 1510
Édification de la grosse tour
Édification de la grosse tour Vers 1510 (≈ 1510)
Tour d’artillerie de 24 m de diamètre.
1638–1641
Renforcement de la porte de Bourgogne
Renforcement de la porte de Bourgogne 1638–1641 (≈ 1640)
Bastion, escarpe et contre-escarpe ajoutés.
1650
Prise par les Espagnols
Prise par les Espagnols 1650 (≈ 1650)
Siège et occupation de la ville.
1653
Reprise par Turenne
Reprise par Turenne 1653 (≈ 1653)
Ville reprise par les troupes françaises.
1986–1989
Restauration par le CHAM
Restauration par le CHAM 1986–1989 (≈ 1988)
Travaux bénévoles sur porte et remparts.
1926 et 2000
Classement monument historique
Classement monument historique 1926 et 2000 (≈ 2000)
Protection des vestiges existants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte de Bourgogne et débris de remparts attenants : inscription par arrêté du 19 juillet 1926 - Vestiges du bastion devant la porte de Bourgogne (cad. AN 77, 89) ; vestiges de la grosse tour (cad. AN 32) ; vestiges de la tour de la Couaillotte (en bordure du canal, terrain non cadastré bordant la parcelle AN 197) ; vestiges de la tour Saint-Jérôme (cad. AN 97) : inscription par arrêté du 18 septembre 2000
Personnages clés
Turenne - Maréchal de France
Reprit Mouzon aux Espagnols en 1653.
Origine et histoire des fortifications
Les fortifications de Mouzon, situées dans le département des Ardennes (Grand Est), sont un ensemble défensif construit principalement entre le XIIIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle. La porte de Bourgogne, élément le plus ancien datant du début du XIIIe siècle, illustre l’architecture militaire médiévale avec sa tour carrée, ses archères en quinconce et ses salles de surveillance. Ce vestige conserve aussi des ajouts du XIXe siècle, comme une niche gothique abritant une vierge à l’enfant, ou des décors en tôle et peinture bleue.
Entre le XVIe et le XVIIe siècle, les fortifications furent adaptées aux progrès de l’artillerie. Vers 1510, la grosse tour, d’un diamètre de 24 mètres et dotée de murs de 8 mètres d’épaisseur, fut édifiée pour abriter des canons. Ses salles voûtées d’ogives et sa terrasse permettaient une défense active. Un bastion, une escarpe et une contre-escarpe furent ajoutés entre 1638 et 1641 devant la porte de Bourgogne pour renforcer sa protection. Les tours Couaillote et Saint-Jérôme, également dédiées à l’artillerie, ne subsistent aujourd’hui que sous forme de vestiges partiels ou remblayés.
La cité médiévale de Mouzon, enserrée par ces remparts, s’étendait autour d’un village plus ancien, à la confluence de la Meuse et d’une voie romaine reliant Reims à Trèves. Les fortifications, plusieurs fois assiégées (notamment par les Espagnols en 1650 et reprises par Turenne en 1653), furent partiellement démantelées quelques décennies plus tard. Des fouilles ont révélé des traces d’un mur d’enceinte antérieur, datant des IXe–XIe siècles, suggérant une occupation défensive bien plus ancienne.
Classées aux monuments historiques en 1926 et 2000, les fortifications ont bénéficié de restaurations entre 1986 et 1989 par l’association CHAM (Chantiers Histoire et Architecture Médiévales). Aujourd’hui, la porte de Bourgogne, les débris de remparts, et les vestiges des tours (grosse tour, Couaillote, Saint-Jérôme) témoignent de cette histoire militaire mouvementée, mêlant héritage médiéval et adaptations Renaissance.