Origine et histoire des fortifications
Les fortifications de Wissembourg, situées dans le Bas-Rhin en région Grand Est, datent principalement de la 2e moitié du XIIIe siècle, avec des remaniements majeurs au XVIIIe siècle. Leur tracé médiéval, de forme arrondie, est aujourd’hui conservée sur environ 3 mètres de haut à l’ouest, près de la Lauter, et jusqu’à 6 mètres au nord-ouest. La tour Schartenturm, carrée et coiffée d’un toit en pavillon, domine l’ensemble avec ses trois étages et ses murs épais (jusqu’à 1,72 m au rez-de-chaussée). Ses chaînes d’angle à bosses, ses trous de louve et ses corbeaux sous le toit témoignent de techniques défensives médiévales. Un passage dans l’épaisseur du mur évoque un ancien chemin de ronde, tandis que des portes murées suggèrent des accès disparus vers l’enceinte.
L’enceinte médiévale, dont subsistent la tour sud-ouest et le mur ouest, intégrait à l’origine une seconde tour à l’est et une porte d’accès à l’abbaye, fondée selon la légende par Dagobert. Une inscription du XIIIe siècle (reproduite ultérieurement) rappelait les privilèges abbatiaux et la fortification en dur entreprise par l’abbé Samuel (1056–1098), après 18 années de travaux. L’enceinte fut probablement remaniée au XIIIe siècle lors de l’urbanisation du noyau fortifié. Au XVIIIe siècle, la tour servit de séchoir pour une buanderie militaire accolée à son flanc sud, illustrant son adaptation aux besoins de l’époque.
Classées Monument Historique depuis 1933, ces fortifications reflètent l’évolution des systèmes défensifs alsaciens, des origines abbatiales (IXe siècle) aux adaptations militaires modernes. Leur état actuel, partiellement conservé, permet d’étudier les techniques de construction médiévales (appareil irrégulier de grès, contreforts) et les transformations ultérieures. La girouette moderne en fer forgé, représentant les clés de saint Pierre, rappelle le lien originel avec l’abbaye, tandis que les fondations des bâtiments adossés au mur révèlent une occupation continue du site.
Les sources historiques, comme le plan de Mérian, situent la tour près de l’actuelle rue Stanislas, soulignant son rôle central dans le dispositif défensif. Les vestiges, propriété de la commune, offrent un témoignage rare des fortifications urbaines alsaciennes, entre héritage monastique et adaptations militaires. Leur inscription au titre des monuments historiques en 1933 a permis de préserver ce patrimoine, malgré des remaniements et une localisation parfois approximative (précision cartographique notée 5/10).