Congrès de Vienne 1815 (≈ 1815)
Indemnités françaises financant les forts.
1819-1834
Construction des forts
Construction des forts 1819-1834 (≈ 1827)
Édification sous pression autrichienne.
1857
Alliance franco-sarde
Alliance franco-sarde 1857 (≈ 1857)
Rend les forts obsolètes.
1860
Traité de Turin
Traité de Turin 1860 (≈ 1860)
Annexion savoyarde par la France.
1967
Désaffectation militaire
Désaffectation militaire 1967 (≈ 1967)
Début des restaurations civiles.
27 juin 1983
Classement monument historique
Classement monument historique 27 juin 1983 (≈ 1983)
Protection du fort Marie-Christine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Forts de l'Esseillon : Fort Marie-Christine (cad. E 87) : classement par arrêté du 27 juin 1983
Personnages clés
William Turner - Peintre anglais
A immortalisé les forts vers 1830.
Montalembert - Ingénieur militaire
Modèle architectural des forts.
Napoléon III - Empereur français
Ordonna destruction partielle en 1860.
Origine et histoire du Fort Marie-Christine
Le fort Marie-Christine est l’un des cinq ouvrages de la barrière de l’Esseillon, un système défensif édifié entre 1819 et 1834 sur un verrou rocheux dominant la haute-vallée de l’Arc, près d’Aussois en Savoie. Financés par les indemnités françaises versées au royaume de Sardaigne après le congrès de Vienne (1815), ces forts devaient protéger le versant piémontais d’une invasion française, sous pression autrichienne. Leur position stratégique contrôlait l’accès au col du Mont-Cenis, route améliorée facilitant les mouvements vers l’Italie. Le modèle architectural, inspiré de Montalembert, privilégiait des fortifications perpendiculaires et des tours à canons, avec des tirs croisés entre les ouvrages.
Conçus pour abriter jusqu’à 10 000 hommes, les forts perdirent leur utilité militaire après l’alliance franco-sarde de 1857. Le traité de Turin (1860), actant l’annexion de la Savoie par la France, imposait leur destruction – partiellement appliquée, sauf pour le fort Charles-Félix. Réutilisés par l’armée française pour se prémunir d’une invasion italienne, ils servirent brièvement durant la Seconde Guerre mondiale : le fort Victor-Emmanuel devint un camp de prisonniers en 1943. Désaffectés en 1967, ils furent restaurés à partir des années 1970 par des bénévoles, dont l’Association des Forts de l’Esseillon.
Le fort Marie-Christine, le plus élevé et proche d’Aussois, offre un panorama remarquable et abrite aujourd’hui un gîte d’étape, un restaurant, et une entrée du parc national de la Vanoise. Classé monument historique en 1983, il symbolise l’héritage stratégique sarde et la réappropriation touristique du patrimoine militaire. La redoute Marie-Thérèse, accessible par le pont du Diable, accueille quant à elle un centre d’interprétation des fortifications. Ces ouvrages, jamais engagés dans un combat, témoignent d’une architecture militaire unique, immortalisée par le peintre William Turner dans les années 1830.