Crédit photo : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick (1988–) Descriptionph - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1891 ou 1893
Début des travaux du puits n° 11
Début des travaux du puits n° 11
1891 ou 1893 (≈ 1893)
Fonçage initial par la Compagnie des mines de Lens
1909
Mise en service du puits n° 11 bis
Mise en service du puits n° 11 bis
1909 (≈ 1909)
Puits d’aérage complémentaire ouvert à l’ouest
1923
Reconstruction du chevalement n° 11
Reconstruction du chevalement n° 11
1923 (≈ 1923)
Après destructions de la Première Guerre mondiale
1946
Nationalisation des mines
Nationalisation des mines
1946 (≈ 1946)
Intégration au Groupe de Lens puis Lens-Liévin
1954-1960
Creusement et mise en service du puits n° 19
Creusement et mise en service du puits n° 19
1954-1960 (≈ 1957)
Tour en béton de 66 mètres construite
31 janvier 1986
Fermeture définitive de la fosse
Fermeture définitive de la fosse
31 janvier 1986 (≈ 1986)
Fin de l’extraction après 92 ans d’activité
2009
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
2009 (≈ 2009)
Protection des chevalements et bâtiments techniques
30 juin 2012
Inscription à l’UNESCO
Inscription à l’UNESCO
30 juin 2012 (≈ 2012)
Patrimoine mondial avec 108 autres sites miniers
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité, tour et bâtiment d'extraction du puits n° 19 avec l'ensemble de son dispositif technique ; chevalement et bâtiment d'extraction du puits n° 11 avec l'ensemble de son dispositif technique ; bâtiment des machines du puits n° 11 avec l'ensemble de son dispositif technique (cad. AI 65) : classement par arrêté du 21 décembre 2009
Personnages clés
| Pierre Destombes - Administrateur de la Compagnie des mines de Lens |
Fosse baptisée en son honneur |
Origine et histoire
La fosse n° 11 - 19, dite Saint-Pierre ou Pierre Destombes, est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Loos-en-Gohelle. Ouverte en 1891 ou 1893 par la Compagnie des mines de Lens, elle est initialement composée du puits n° 11, auquel s’ajoute en 1909 un puits d’aérage (n° 11 bis). Autour du site, des cités minières, des écoles et une église sont construites pour loger les ouvriers et leurs familles, répartis sur les communes de Lens, Liévin et Loos-en-Gohelle. La production commence en 1894, mais les installations sont détruites pendant la Première Guerre mondiale, puis reconstruites dans un style architectural typique des mines de Lens.
Après la nationalisation de 1946, la fosse intègre le Groupe de Lens, puis le Groupe de Lens-Liévin en 1952. Le puits n° 19, équipé d’une tour d’extraction en béton de 66 mètres, est creusé à partir de 1954 et entre en service en 1960. La fosse devient un siège de concentration, centralisant l’extraction de plusieurs autres puits (n° 2, 3, 4, 7, 9, 12) jusqu’à sa fermeture définitive le 31 janvier 1986. Les puits sont remblayés en 1987, mais une grande partie des installations, dont les chevalements et la tour d’extraction, est préservée.
Les terrils n° 74, 74A et 74B, parmi les plus hauts d’Europe (146 mètres), sont des vestiges marquants du site, abritant une biodiversité remarquable (205 espèces végétales, 82 espèces d’oiseaux). Classée aux monuments historiques en 2009 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, la fosse n° 11 - 19 symbolise aujourd’hui l’héritage industriel du bassin minier. Le site accueille désormais Culture Commune, une scène nationale, et reste un témoignage majeur de l’histoire sociale et technique de la région.
Le chevalement métallique du puits n° 11, daté de 1923, et la tour en béton du puits n° 19, unique en son genre dans le bassin, illustrent l’évolution des techniques minières. Les cités ouvrières adjacentes, partiellement rénovées, ainsi que les écoles et le dispensaire (inscrits en 2009), complètent ce patrimoine. L’église Saint-Pierre, reconstruite en 1923 après la Grande Guerre, a quant à elle été détruite en 1987.
La fosse n° 11 - 19 a joué un rôle central dans l’économie locale, employant des milliers d’ouvriers et structurant le paysage urbain. Sa fermeture en 1986 marque la fin d’une ère industrielle, mais sa préservation en fait aujourd’hui un lieu de mémoire et de culture. Les terrils, classés à l’UNESCO, sont devenus des espaces naturels protégés, tandis que les bâtiments industriels abritent des événements artistiques, perpétuant ainsi son lien avec la communauté.