Frise chronologique
1853
Fonçage du puits n° 1
Fonçage du puits n° 1
1853 (≈ 1853)
Premier puits abandonné en 1854
1854-1856
Creusement du puits n° 2
Creusement du puits n° 2
1854-1856 (≈ 1855)
Base du cuvelage établie en 1856
1858
Début de l'extraction
Début de l'extraction
1858 (≈ 1858)
Production charbonnière lancée
28 avril 1866
Éboulement catastrophique
Éboulement catastrophique
28 avril 1866 (≈ 1866)
Destruction des installations surface
1907-1908
Reprise de la fosse
Reprise de la fosse
1907-1908 (≈ 1908)
Rouverture grâce aux progrès techniques
1946
Nationalisation
Nationalisation
1946 (≈ 1946)
Intégration au Groupe d'Auchel
29 mars 1974
Fermeture définitive
Fermeture définitive
29 mars 1974 (≈ 1974)
Fin de l'extraction, remblaiement
6 mai 1992
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 mai 1992 (≈ 1992)
Chevalement et machine protégés
30 juin 2012
Classement UNESCO
Classement UNESCO
30 juin 2012 (≈ 2012)
Patrimoine mondial du bassin minier
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chevalement du puits numéro 2 avec les parties anciennes du bâtiment de la machine d'extraction (cad. AC 262) : inscription par arrêté du 6 mai 1992
Personnages clés
| Émile Rainbeaux - Directeur de la Compagnie de Marles |
Fosse nommée en son honneur |
| Gabriel Glépin - Ingénieur des mines |
Supervise les travaux post-éboulement |
| Léonard Micha - Responsable des travaux |
Dirige le fonçage du puits n° 2 |
Origine et histoire
La fosse n° 2 des mines de Marles, aussi appelée Saint-Émile ou Émile Rainbeaux, est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Marles-les-Mines. Son histoire débute en 1853 avec le fonçage du puits n° 1, abandonné en 1854 en raison d’un effondrement dû aux infiltrations d’eau. Un second puits (n° 2) est alors creusé à 50 mètres au sud-est à partir de septembre 1854, malgré des difficultés majeures liées aux venues d’eau. La production charbonnière commence en 1858, mais le site est rapidement confronté à des problèmes structurels.
Le 28 avril 1866, un éboulement catastrophique détruit les installations de surface, formant un cratère de 30 à 35 mètres de diamètre. Le puits est abandonné, et 840 hectares de la concession sont laissés inexploités par crainte des inondations. Malgré des tentatives de reprise en 1875, jugées irréalisables par les ingénieurs, la fosse reste inactive jusqu’en 1907. Grâce aux progrès techniques, elle est rouverte en 1908 et reliée à la fosse n° 2 bis pour l’aérage, avant de reprendre l’extraction en 1917.
Nationalisée en 1946 avec la Compagnie des mines de Marles, la fosse n° 2 assure une dernière phase d’extraction dans les années 1950, avant sa fermeture définitive le 29 mars 1974. Son chevalement métallique, datant d’avant 1914, et sa machine d’extraction (Leflaive et Cie, 1920) sont préservés. Classé aux monuments historiques en 1992 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, le site symbolise aujourd’hui l’héritage industriel du Nord-Pas-de-Calais.
Le carreau de fosse, transformé en espace vert, abrite toujours le chevalement et le bâtiment de la machine d’extraction, partiellement réaménagé en salle polyvalente. Les cités minières adjacentes, construites au début du XXe siècle pour loger les ouvriers, témoignent de l’organisation sociale autour de l’exploitation charbonnière. Les inspections annuelles du BRGM et la matérialisation de la tête de puits par Charbonnages de France assurent la préservation de ce patrimoine.
La fosse n° 2 illustre les défis techniques et humains de l’industrie minière, entre innovations, accidents et adaptations. Son abandon en 1866, puis sa résurrection en 1908, reflètent l’évolution des méthodes d’exploitation et la résilience des communautés minières. Aujourd’hui, ce site est un marqueur identitaire des Hauts-de-France, lié à la mémoire ouvrière et à la révolution industrielle.