Frise chronologique
1859
Ouverture du puits
Ouverture du puits
1859 (≈ 1859)
Début des travaux par la Compagnie de Douvrin.
1861
Début de l'extraction
Début de l'extraction
1861 (≈ 1861)
Production initiale faible et irrégulière.
1873
Rachat par Lens
Rachat par Lens
1873 (≈ 1873)
Acquisition pour 500 000 francs.
1920
Reconstruction post-guerre
Reconstruction post-guerre
1920 (≈ 1920)
Chevalement en béton armé érigé.
1936
Fin de l'extraction
Fin de l'extraction
1936 (≈ 1936)
Fosse conservée pour l'aérage.
2004
Classement monument historique
Classement monument historique
2004 (≈ 2004)
Protection du chevalement et bâtiments.
2012
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
2012 (≈ 2012)
Patrimoine mondial du Bassin minier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le chevalement et ses bâtiments attenants, vestiges de l'ancienne fosse 6 (cad. A 883) : inscription par arrêté du 23 novembre 2004
Personnages clés
| Alfred Descamps - Éponyme de la fosse |
Fosse renommée en son honneur. |
Origine et histoire
La fosse n° 6, dite Saint-Alfred ou Alfred Descamps, fut initialement ouverte en 1859 par la Compagnie des mines de Douvrin à Haisnes, près de Lens. Son exploitation débuta en 1861, mais la production resta faible en raison de veines de charbon irrégulières et de difficultés financières. La Compagnie de Douvrin, en liquidation judiciaire, céda la fosse et sa concession à la Compagnie des mines de Lens en 1873 pour 500 000 francs. Sous cette nouvelle gestion, l’extraction s’intensifia, atteignant jusqu’à 67 000 tonnes en 1879, malgré des terrains géologiquement complexes.
Durant la Première Guerre mondiale, la fosse fut détruite, puis reconstruite dans les années 1920 selon le style architectural uniforme des mines de Lens, avec un chevalement en béton armé caractéristique. L’extraction cessa en 1936, mais le site servit encore pour l’aérage de la fosse n° 13 voisine. Nationalisée en 1946, la fosse fut définitivement comblée en 1959, bien que ses bâtiments fussent conservés.
Au XXIe siècle, le site fut protégé : classé aux monuments historiques en 2004 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012 comme élément du Bassin minier. En 2018, une procédure d’expropriation fut engagée pour préserver ce vestige, dernier exemple de chevalement en béton du type « mines de Lens », et lui donner une vocation culturelle et touristique.
Les installations souterraines comprenaient un puits principal de 240 mètres de profondeur, avec des accrochages à 178 et 213 mètres, et un bure (puits intérieur) à 1 200 mètres au sud. Les couches de houille, bien que maigres (8,1 % de matières volatiles), furent exploitées jusqu’à l’épuisement des ressources. La fosse illustre ainsi les défis techniques et économiques de l’industrie minière régionale, entre innovations et contraintes géologiques.
La reconstruction post-1918 marqua une standardisation architecturale, avec des bâtiments fonctionnels et un chevalement emblématique, symbole de la modernisation des mines. Après la nationalisation, le site devint un maillon du Groupe de Lens-Liévin, avant d’être progressivement abandonné. Aujourd’hui, il témoigne de l’héritage industriel des Hauts-de-France, entre mémoire ouvrière et enjeux de préservation.
Les habitations construites après 1946 près de la fosse rappellent l’urbanisation liée à l’activité minière, tandis que les inspections annuelles du BRGM soulignent les préoccupations contemporaines de sécurité et de patrimoine. Le sondage de décompression S51 (2004) et la matérialisation de la tête de puits par Charbonnages de France achèvent de documenter son histoire technique.