Crédit photo : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick (1988–) Descriptionph - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1930
Début des travaux
Début des travaux
1930 (≈ 1930)
Creusement des puits n°9 et 9 bis
1946
Nationalisation
Nationalisation
1946 (≈ 1946)
Intégration au Groupe d’Oignies
21 décembre 1990
Fermeture définitive
Fermeture définitive
21 décembre 1990 (≈ 1990)
Remontée de la dernière gaillette
6 mai 1992
Inscription MH partielle
Inscription MH partielle
6 mai 1992 (≈ 1992)
Bâtiments administratifs et bains-douches
10 février 1994
Classement MH complet
Classement MH complet
10 février 1994 (≈ 1994)
Chevalements et machines d’extraction
30 juin 2012
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
30 juin 2012 (≈ 2012)
Patrimoine mondial avec 108 autres sites
28 juin 2013
Inauguration du Métaphone
Inauguration du Métaphone
28 juin 2013 (≈ 2013)
Salle de concert innovante
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble de bâtiments situé à droite de l'entrée du carreau : bâtiments administratifs (bureaux) , bains-douches dans leur partie d'origine, ateliers de réparation, ancienne chaufferie, château d'eau, anciens garages et magasins, salle de paie (cad. AT 101) : inscription par arrêté du 6 mai 1992 - Ensemble des bâtiments et machines liés directement à l'extraction du charbon comprenant : les deux puits avec leur chevalement et leur bâtiment de recette ainsi que les dispositifs liés à l'extraction ; les bâtiments des machines et leurs installations techniques, à savoir les machines (les deux machines à tambour bicylindroconique, le groupe moteur, les quatre compresseurs, les deux ventilateurs) et tous les dispositifs liés au fonctionnement de ces machines ainsi que les équipements électriques connexes (le réfrigérant, les réservoirs d'air comprimé, l'ancien bâtiment du treuil de secours) , ainsi que le sol et le sous-sol s'inscrivant dans un quadrilatère encadrant les bâtiments ci-dessus désignés (cad. AT 101) : classement par arrêté du 10 février 1994
Personnages clés
| Georges Mulot - Ingénieur foreur |
Découvreur du charbon à Oignies (1842) |
| Dellile - Architecte |
Concepteur des bâtiments (1928-1932) |
| Foby - Ingénieur en chef |
Collaborateur de Dellile pour la fosse |
| Louis Dandrel - Musicien et compositeur |
Créateur de la façade sonore |
| Isabel Hérault et Yves Arnod - Architectes |
Reconversion du site (Métaphone) |
Origine et histoire
La fosse n° 9 et 9 bis, dite Declercq-Crombez, fut creusée à partir de 1930 par la Compagnie des mines de Dourges à Oignies, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Les puits, d’un diamètre de 5,10 mètres, furent conçus pour l’extraction et l’aérage, avec un cuvelage en briques. La fosse devint opérationnelle quelques années plus tard, marquant l’une des dernières mises en service avant la nationalisation de 1946. Des cités minières et un terril conique (n°110) furent construits à proximité, illustrant l’organisation sociale et industrielle typique des sites miniers.
Nationalisée en 1946, la fosse intégra le Groupe d’Oignies et cessa progressivement son activité extractive après 1961, se recentrant sur l’aérage et le service pour les fosses voisines. Elle joua un rôle clé dans la préparation de la fosse n°10 à Dourges et assura l’approvisionnement en matériel de la fosse n°2 d’Ostricourt via une bowette. Le 21 décembre 1990, elle remonta la dernière gaillette du bassin minier, marquant la fin de l’ère charbonnière régionale. Les puits, comblés en 1991, furent sécurisés avec des bouchons et des dalles de fermeture.
Classé monument historique en 1992 (bâtiments administratifs) puis en 1994 (chevalements et machines), le site fut inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012 avec son terril, ses cités et son dispensaire. Une reconversion culturelle et touristique fut engagée, centrée sur la musique avec la création du Métaphone (2013), une salle de concert innovante dotée d’une « peau sonore ». Le carreau abrite aussi la Mission Bassin minier et des espaces dédiés à l’économie tertiaire, mêlant préservation patrimoniale et dynamisme contemporain.
Le site, conçu par les architectes Dellile et l’ingénieur Foby entre 1928 et 1932, illustre le style néo-régionaliste en briques rouges et béton armé. Ses machines d’origine (Jeumont, Messian, Rateau) et ses chevalements témoignent de l’ingénierie minière du XXe siècle. Quatre cités ouvrières (Declercq, Bonniers, Verger, Justice) furent bâties à proximité, reflétant l’évolution des logements miniers, des maisons individuelles des années 1930 aux habitations groupées post-nationalisation.
Oignies, lieu de la première découverte de charbon dans le Pas-de-Calais par Georges Mulot en 1842, devint un symbole de la fin de l’ère minière. Le site, aujourd’hui ouvert au public, allie mémoire industrielle (tourisme, séminaires) et innovation, avec un hôtel-restaurant prévu dans l’ancienne salle des machines. Proche de la plateforme multimodale Delta 3, il s’inscrit dans une dynamique de renaissance économique et culturelle pour les Hauts-de-France.