Origine et histoire des Fouilles du Glanum
Glanum est une cité antique fondée par les Celto-Ligures au VIe siècle av. J.-C., située près de Saint-Rémy-de-Provence. Initialement vouée au culte du dieu guérisseur Glanis, elle connut une forte influence grecque avant de s’intégrer à l’Empire romain sous Auguste. Son développement fut favorisé par une source sacrée et sa position stratégique sur la voie Domitienne, reliant l’Italie à l’Hispanie.
La ville se divise en trois grandes périodes : celto-ligure, hellénistique et romaine. À l’âge du fer, Glanum était un oppidum protégé par des falaises, avec un sanctuaire dédié à Glanis. L’influence grecque, venue de Marseille, se manifeste par des constructions comme un bouleutérion et un prytanée. La romanisation, après la défaite des Salyens en 125 av. J.-C., introduisit des infrastructures urbaines (thermes, forum, temples) et accorda la citoyenneté romaine à l’élite locale.
Le site archéologique révèle des quartiers distincts : un secteur résidentiel au nord avec des maisons hellénistiques (comme la maison des Antes) et des thermes romains, un centre monumental abritant le forum, des temples jumeaux et une curie, et un quartier sud centré sur la source sacrée, entourée de sanctuaires comme le temple de Valetudo, dédié par Agrippa. La source, associée à des cultes guérisseurs, attirait pèlerins et vétérans romains.
Deux monuments emblématiques, les « Antiques de Saint-Rémy », marquent l’entrée du site : le cénotaphe des Julii (30–20 av. J.-C.), célébrant une famille locale romanisée, et l’arc de triomphe augustéen, symboles de la puissance romaine. Ces édifices, restés intacts, furent étudiés dès le XVIe siècle. Les fouilles modernes, initiées en 1921 par Jules Formigé et Henri Rolland, ont exhumé des strates couvrant près de 1 500 ans d’histoire, jusqu’à l’abandon de la ville après les invasions barbares du IIIe siècle.
Le musée archéologique, installé dans l’ancien hôtel de Sade (XVe–XVIe siècles), expose les artefacts découverts, dont des statues, autels votifs et éléments architecturaux des périodes celto-ligure, hellénistique et gallo-romaine. Le site, classé Monument historique et protégé comme espace naturel, bénéficie aujourd’hui d’aménagements pour sa préservation et sa valorisation touristique, incluant un bâtiment d’accueil et des belvédères.
Glanum illustre la synthèse culturelle entre traditions gauloises, apports grecs et romanisation, avec des pratiques locales comme l’exposition de têtes ennemies, des ustensiles de cuisine gaulois, et des cultes syncrétiques (Hercule, Glanicae). Son déclin au IIIe siècle, suivi du réemploi de ses pierres pour construire Saint-Rémy-de-Provence, en fait un témoignage clé de l’urbanisation antique en Provence.