Frise chronologique
1839
Construction du four
Construction du four
1839 (≈ 1839)
Autorisation accordée à Boulet et Cie
21 septembre 1839
Autorisation préfectorale
Autorisation préfectorale
21 septembre 1839 (≈ 1839)
Sous-préfet de Châteaulin valide le projet
1872
Abandon du four
Abandon du four
1872 (≈ 1872)
Endommagé par une tempête
1933
Classement paysager
Classement paysager
1933 (≈ 1933)
Site inscrit à l’inventaire supplémentaire
1983
Acquisition par le Conservatoire
Acquisition par le Conservatoire
1983 (≈ 1983)
Protection du site naturel
10 mars 1988
Inscription MH
Inscription MH
10 mars 1988 (≈ 1988)
Four classé Monument historique
1989
Restauration
Restauration
1989 (≈ 1989)
Travaux de conservation
2007
Route des Fortifications
Route des Fortifications
2007 (≈ 2007)
Intégration du site médiéval voisin
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Four a chaux (cad. ES 69) : inscription par arrêté du 10 mars 1988
Personnages clés
| Société Boulet et Cie - Constructeur et exploitant |
A bâti le four en 1839 |
| Sous-préfet de Châteaulin - Autorité administrative |
A autorisé la construction en 1839 |
| Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville - Historien et cartographe |
A recensé la motte médiévale en 1835 |
| Jean-Marie Bachelot de La Pylaie - Naturaliste et archéologue |
A décrit la motte vers 1850 |
| Patrick Kernevez - Historien des fortifications |
A référencé la motte en 1997 |
Origine et histoire
Le four à chaux de Rozan, situé à Crozon (Finistère), a été construit au 2e quart du XIXe siècle par la société Boulet et Cie après autorisation du sous-préfet de Châteaulin en 1839. Implanté à l’embouchure de l’Aber, il bénéficiait d’un accès maritime pour l’approvisionnement en calcaire local et en combustible (bois ou charbon), ainsi que pour l’expédition des barils de chaux. Sa conception optimisée, avec une tour massive en moellons et un intérieur ovoïde tapissé de briques réfractaires, permettait une production efficace. Le four s’insérait dans un réseau économique régional incluant la baie de Douarnenez et la rade de Brest, où la chaux était utilisée pour les mortiers, les enduits et l’amendement des sols.
L’exploitation du four a cessé vers 1872, après qu’une tempête ait endommagé la structure. Abandonné pendant la Première Guerre mondiale, il fut redécouvert et dégagé par des scouts bruxellois en 1984. Le site, acquis par le Conservatoire du littoral en 1983, a été inscrit aux Monuments historiques en 1988 puis restauré en 1989. À proximité, une motte médiévale (recensée dès 1835) suggère une occupation ancienne de ce site stratégique. Aujourd’hui, le four illustre l’héritage industriel breton et son intégration dans un paysage préservé, bien que son accès soit limité par les statuts du Conservatoire.
La construction du four répondait à une demande croissante en chaux, notamment pour les travaux du port de Brest et ses fortifications au XIXe siècle. Le calcaire provenait de carrières locales ou de sable dunaire, tandis que le combustible (bois de la forêt de Landévennec ou charbon) arrivait par voie maritime. La qualité exceptionnelle de l’appareillage en granite, rare pour ce type d’édifice en Bretagne, témoigne d’un investissement important. Le four de Rozan, dernier et plus grand de la presqu’île de Crozon, marque l’apogée puis le déclin de cette industrie face à la concurrence et aux aléas climatiques.
Le site de Rozan, classé en 1933 pour son intérêt paysager, appartient aujourd’hui au Conservatoire du littoral. Bien que protégé, le four ne peut faire l’objet d’aménagements bâtis. Des initiatives, comme l’installation de panneaux explicatifs ou son intégration à la Route des Fortifications (2007), visent à valoriser ce patrimoine. Son histoire reflète aussi les mutations économiques de la région, où les fours à chaux et briqueteries, actifs depuis le XVIIIe siècle, ont progressivement disparu au profit de nouvelles industries.