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Four des Casseaux à Limoges en Haute-Vienne

Patrimoine classé Patrimoine industriel Four

Four des Casseaux à Limoges

  • 28 Rue Donzelot
  • 87000 Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Four des Casseaux à Limoges
Crédit photo : Babsy - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
87000 Limoges, 28 Rue Donzelot

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1816
Fondation de la manufacture
1873
Brevet du système Minton
1900
Construction du four
années 1920
Rénovation du four
années 1950
Fin de l’usage industriel
6 juillet 1987
Classement monument historique
1992
Ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Four à porcelaine, avec le bâtiment l'abritant fait de deux édifices (cad. EM 295) : classement par arrêté du 6 juillet 1987

Personnages clés

François Alluaud - Fondateur de la manufacture Créa l’usine en 1816 sur les bords de Vienne.
Herbert Minton - Inventeur du système éponyme Breveté en 1873 avec Léon Arnoux.
Léon Arnoux - Céramiste co-inventeur Collabora au brevet du four à flamme renversée.
Charles Field Haviland - Dirigeant de l’usine (1876-1881) Cousin des porcelainiers Haviland, successeur d’Alluaud.
Pierre Blondeau - Constructeur du four Réalisa le four en 1900 pour G.D.A.
Henri Geay - Architecte des transformations Dirigea les remaniements des années 1890-1900.

Origine et histoire du Four des Casseaux

Le four des Casseaux, situé rue Victor-Duruy à Limoges, est un four à porcelaine emblématique de l’industrie locale. Construit en 1900 pour l’usine Gérard-Dufraisseix-Abbott (G.D.A.), il succède à une manufacture fondée en 1816 par François Alluaud. Ce four cylindrique de 80 m3, doté de huit alandiers, fonctionnait selon le système Minton (breveté en 1873), utilisant une technique de flamme renversée pour cuire jusqu’à 15 000 pièces simultanément. Sa structure en briques réfractaires (120 000 unités) et fer, haute de 21 mètres avec cheminée, en fait un chef-d’œuvre technique.

Le four se compose de deux chambres : le globe (cuisson à 900°C pour le dégourdi) et le laboratoire (cuisson à 1 400°C pour l’émaillage). Les flammes, introduites dans le laboratoire, circulaient via des carneaux avant d’atteindre le globe, régulées par un clapet en cheminée. Construit par Pierre Blondeau et remanié dans les années 1920 par Lamour et Leclerc, il cessa son activité dans les années 1950 avec l’avènement des fours tunnels à gaz. L’usine, reprise par Céramine puis Royal Limoges, fut partiellement détruite par des incendies.

Classé monument historique en 1987, le four fut sauvé par l’association Espace Porcelaine, qui l’ouvrit au public en 1992. Il témoigne de l’âge d’or de la porcelaine limougeaude, liée à des dynasties comme les Alluaud ou les Haviland. Son nom vient du quartier des Casseaux, en bordure de la Vienne, où était débarqué le bois flotté alimentant les industries locales. Aujourd’hui, il constitue un site patrimonial majeur, géré par l’association et intégré à un espace muséographique.

Le bâtiment abritant le four, en moellon de granite et pierre de taille, comportait à l’origine deux fours. Son architecture industrielle (toitures à lanterneaux, charpente métallique) reflète les transformations des années 1890-1900, menées par l’architecte Henri Geay. Les traces d’arrachement sur les pignons est attestent de la disparition d’autres fours adjacents. Le site, propriété privée, reste accessible et valorisé comme symbole du patrimoine industriel limougeaud.

Le four des Casseaux incarne une révolution technique : le système Minton, développé par Herbert Minton et Léon Arnoux, optimisait la cuisson au charbon. Son classement et sa préservation illustrent la reconnaissance de ce patrimoine, tandis que son environnement urbain (proximité de la Vienne, ancienne RN 520) rappelle son ancrage dans l’histoire économique de Limoges. Les photographies de Boudeau et Audiguet documentent par ailleurs le flottage du bois, activité clé pour son fonctionnement.

Liens externes

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