Frise chronologique
1946
Première expérience de Félix Trombe
Première expérience de Félix Trombe
1946 (≈ 1946)
Démonstration à Meudon avec un miroir de DCA.
1949
Construction du four de Mont-Louis
Construction du four de Mont-Louis
1949 (≈ 1949)
Premier four solaire opérationnel en France.
1962-1968
Construction du four d'Odeillo
Construction du four d'Odeillo
1962-1968 (≈ 1965)
Dirigée par l’architecte Henri Vicariot.
1969
Mise en service du four
Mise en service du four
1969 (≈ 1969)
Puissance thermique de 1 mégawatt.
1973
Réorientation des recherches post-choc pétrolier
Réorientation des recherches post-choc pétrolier
1973 (≈ 1973)
Focus sur la conversion solaire-électricité.
1983
Lancement de la centrale THEMIS
Lancement de la centrale THEMIS
1983 (≈ 1983)
Expérimentation jusqu’en 1986.
2009
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
2009 (≈ 2009)
Protection du bâtiment et des héliostats.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le four solaire, à savoir les façades et toitures du bâtiment parabole et du bâtiment four, ainsi que le champ d'héliostats (cad. AV 37, 43 à 45, 49) : inscription par arrêté du 14 mai 2009
Personnages clés
| Félix Trombe - Chimiste et physicien |
Initiateur des fours solaires en France. |
| Henri Vicariot - Architecte |
Concepteur du four solaire d’Odeillo. |
| Claude Dupuy de Crescenzo - Chercheur |
Dirigea l’Institut de science des Matériaux. |
Origine et histoire
Le four solaire d’Odeillo, mis en service en 1969, est un monument emblématique de la recherche scientifique française sur l’énergie solaire. Avec ses 63 héliostats et une puissance thermique d’un mégawatt, il concentre 10 000 fois l’énergie solaire pour atteindre des températures dépassant 3 300 °C. Conçu par l’architecte Henri Vicariot entre 1962 et 1968, il s’inspire du four solaire de Mont-Louis (1949), pionnier dans ce domaine. Ce laboratoire, géré par le CNRS (laboratoire PROMES), est dédié à l’étude des matériaux sous conditions extrêmes et aux applications industrielles de l’énergie solaire.
L’idée du four solaire naît en 1946 avec le chimiste Félix Trombe, qui démontre à Meudon la possibilité d’atteindre des températures élevées via la concentration des rayons solaires. Le site d’Odeillo, choisi pour son ensoleillement exceptionnel (plus de 2 400 h/an) et son altitude (1 535 m), devient un modèle mondial. Après le choc pétrolier de 1973, les recherches s’orientent vers la conversion de l’énergie solaire en électricité, menant à la création de la centrale THEMIS en 1983. Le four est inscrit aux monuments historiques en 2009.
Le four solaire fonctionne grâce à deux séries de miroirs : les héliostats, orientables sur la pente, renvoient les rayons vers un concentrateur parabolique, qui les focalise sur une cible. Ce système permet des expériences en atmosphère contrôlée, sans pollution, pour des applications aéronautiques, spatiales ou industrielles. Le site inclut aussi un centre d’information, Héliodyssée (fermé depuis 2017), destiné à sensibiliser le public aux énergies renouvelables.
Aujourd’hui, le laboratoire PROMES travaille sur des projets variés : production d’électricité avec stockage, synthèse de carburants solaires (dihydrogène, hydrocarbures), retraitement de déchets (y compris radioactifs), et développement de matériaux pour l’aérospatial. Le four solaire d’Odeillo reste un symbole de l’innovation française dans les énergies propres et la recherche sur les matériaux.
Le four solaire d’Odeillo est indissociable de son environnement scientifique en Cerdagne, aux côtés du four de Mont-Louis, de la centrale THEMIS à Targasonne, et de la centrale solaire thermodynamique eLlo à Llo. Ces infrastructures illustrent l’engagement historique de la région dans la recherche sur l’énergie solaire, depuis les années 1950 jusqu’à aujourd’hui.