Frise chronologique
1898
Inauguration du tramway 'La Patache'
Inauguration du tramway 'La Patache'
1898 (≈ 1898)
Premier tramway électrique entre avenue des Sources et hôtel Splendide.
1907
Fermeture du tramway et ouverture partielle du funiculaire
Fermeture du tramway et ouverture partielle du funiculaire
1907 (≈ 1907)
Remplacement par un funiculaire de 373 mètres.
1912
Extension vers Neuvecelle
Extension vers Neuvecelle
1912 (≈ 1912)
Prolongement de la ligne et déplacement de l'évitement.
1er mai 1913
Mise en service officielle
Mise en service officielle
1er mai 1913 (≈ 1913)
Concession accordée par le Conseil général de Haute-Savoie.
1969
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1969 (≈ 1969)
Fin de l'exploitation après déclin du thermalisme.
30 novembre 1983
Classement des voitures
Classement des voitures
30 novembre 1983 (≈ 1983)
Deux cabines classées monuments historiques.
28 décembre 1984
Inscription du funiculaire
Inscription du funiculaire
28 décembre 1984 (≈ 1984)
Protection des six stations, voies et machinerie.
21 juin 2002
Réouverture après restauration
Réouverture après restauration
21 juin 2002 (≈ 2002)
Remise en service après 33 ans d'abandon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Funiculaire comprenant les six stations (station terminale basse - cad. AI 72, station de la source Cachat - cad. AK 62, 63, station du Splendid Hôtel - cad. AK 64, station du Royal Hôtel - cad. AN 39, station des Mateirons - cad. AN 40, AB 11, station Supérieure - cad. AB 15) , ainsi que les voies ferrées et la machinerie située dans la station supérieure : inscription par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
| Jean-Bernard Lemoine - Membre de la Commission des Monuments Historiques |
A permis de sauver le funiculaire de la destruction. |
| Marc Francina - Maire d'Évian-les-Bains (années 1990) |
A lancé la restauration du funiculaire en 1995. |
Origine et histoire
Le funiculaire d'Évian-les-Bains, surnommé le « petit métro évianais », fut conçu pour desservir les hôtels thermaux construits sur les hauteurs de la ville à la fin du XIXe siècle. À l’origine, un tramway électrique de 300 mètres, la « Patache », reliait l’avenue des Sources à l’hôtel Splendide dès 1898, avant d’être remplacé en 1907 par le funiculaire. Ce dernier, long de 373 mètres à ses débuts, fut étendu en 1912 pour atteindre Neuvecelle, avec un évitement provisoire puis définitif.
La ligne, officiellement mise en service en 1913 après une concession départementale, connut un succès croissant jusqu’en 1938, avec 144 263 passagers. Après la Seconde Guerre mondiale, le déclin du thermalisme entraîna sa fermeture en 1969. Sauvé de la destruction grâce à l’intervention de Jean-Bernard Lemoine (membre de la Commission des Monuments Historiques), le funiculaire fut classé en 1983 (voitures) et 1984 (infrastructure), puis restauré à l’identique entre 1995 et 2002.
La réouverture eut lieu le 21 juin 2002, après des travaux majeurs : renforcement du tunnel, assainissement des stations, et modernisation du matériel roulant tout en conservant son aspect d’origine. Aujourd’hui, la ligne de 771 mètres, avec ses six stations et son dénivelé de 125 mètres, fonctionne gratuitement d’avril à septembre. Les cabines d’origine (1913), en bois peint blanc et vert, transportent jusqu’à 60 passagers chacune, tandis que la machinerie historique, bien que préservée, a été remplacée par un système moderne.
Parmi ses particularités, le funiculaire d’Évian est le seul en France à compter six stations, dont quatre intermédiaires. La station supérieure, de style chalet, fut endommagée par un incendie en 1991 mais restaurée. Le système électrique, alimenté par batterie en station, et les wagonnets pour vélos ou marchandises témoignent de son adaptation aux besoins locaux. Exploité initialement par la Société des Bains d’Évian, il est aujourd’hui géré en régie municipale.
Le funiculaire illustre l’innovation technique du début du XXe siècle, avec une traction par câble sans crémaillère, une première en France. Son tracé, suivant le lit canalisé du Nant d’Enfer, alterne sections aériennes et souterraines. Classé monument historique, il incarne à la fois le patrimoine industriel savoyard et l’âge d’or du thermalisme, tout en restant un transport public fonctionnel et gratuit.