Frise chronologique
1819
Acquisition de l'hôtel de Quatremère
Acquisition de l'hôtel de Quatremère
1819 (≈ 1819)
Benoît Véro achète le terrain futur.
1826
Ouverture de la galerie
Ouverture de la galerie
1826 (≈ 1826)
Inauguration par Véro et Dodat.
1830
Installation d'Aubert
Installation d'Aubert
1830 (≈ 1830)
Début de vente de *La Caricature*.
9 juin 1965
Inscription monument historique
Inscription monument historique
9 juin 1965 (≈ 1965)
Protection des façades et intérieurs.
1997
Restauration complète
Restauration complète
1997 (≈ 1997)
Travaux de préservation du site.
18 mai 1998
Refus du classement
Refus du classement
18 mai 1998 (≈ 1998)
Opposition de la copropriété.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rues ; façades et plafonds intérieurs, sols du passage : inscription par arrêté du 9 juin 1965
Personnages clés
| Benoît Véro - Charcutier et promoteur |
Co-fondateur, acquéreur du terrain en 1819. |
| François Dodat - Charcutier et financier |
Associé de Véro pour le projet. |
| Rachel - Tragédienne |
Occupa l’appartement no 23 (1838-1842). |
| Charles Philipon (via Aubert) - Éditeur et caricaturiste |
Publia *La Caricature* et *Le Charivari*. |
| Robert Capia - Brocanteur et collectionneur |
Tenu boutique de poupées (1966-2004). |
Origine et histoire
La galerie Véro-Dodat est un passage couvert parisien typique des opérations immobilières spéculatives de la Restauration. Ouverte en 1826 par deux charcutiers enrichis, Benoît Véro et François Dodat, elle reliait initialement la rue de Grenelle-Saint-Honoré (aujourd’hui rue Jean-Jacques-Rousseau) à la rue du Bouloi. Son tracé offrait un raccourci pratique entre les Halles et le Palais-Royal, deux lieux très fréquentés à l’époque. Les façades, ornées de statues représentant Hermès et un satyre, et l’intérieur aux sols en damier noir et blanc, créaient une illusion de profondeur, renforçant son attrait architectural.
La galerie doit une partie de sa renommée aux Messageries Laffitte et Caillard, dont l’entrée principale se trouvait à proximité. Les voyageurs en attente de diligences flânaient parmi les boutiques à la mode, contribuant à son succès commercial. Le marchand d’estampes Aubert, éditeur de La Caricature et du Charivari, y exposa les œuvres des caricaturistes les plus en vue du XIXe siècle. Cependant, le déclin des messageries sous le Second Empire marqua le début d’un ralentissement de son activité, malgré une restauration complète en 1997.
Classée parmi les monuments historiques depuis 1965, la galerie Véro-Dodat abrite aujourd’hui des galeries d’art contemporain et des commerces de luxe. Son statut de copropriété, divisée en 38 lots, et son refus de classement (malgré une proposition en 1998) illustrent les tensions entre préservation patrimoniale et gestion privée. Parmi ses lieux mémorables figurent l’ancien appartement de la tragédienne Rachel (no 23) et la boutique du brocanteur Robert Capia (no 24-26), spécialiste de poupées anciennes.
Architecturalement, la galerie se distingue par ses arcs en plein cintre, ses pilastres ioniques et ses plafonds ornés de paysages peints. Les verrières alternent avec des plafonds stuqués, tandis que les devantures des boutiques, richement travaillées, reflètent un souci du détail propre aux passages couverts parisiens. Malgré un déclin relatif, elle reste l’un des exemples les plus aboutis de ce type de construction, aux côtés de la galerie Vivienne.
Son origine remonte à l’acquisition, par Benoît Véro en 1819, de l’hôtel de Quatremère (XVIIIe siècle) et d’une parcelle adjacente. Le choix de l’emplacement, entre les messageries et le Palais-Royal, fut stratégique. Les matériaux luxueux et les décors inspirés du commerce visaient à attirer une clientèle aisée. Aujourd’hui, bien que moins fréquentée, la galerie conserve son charme grâce à son mélange d’histoire, d’architecture et de commerces haut de gamme.