Origine et histoire de la Galerie Vivienne
La galerie Vivienne, anciennement galerie Marchoux, est un passage couvert du 2e arrondissement de Paris. Sa création revient à M. Marchoux, notaire et président de la chambre des notaires, qui réunit l'hôtel qu'il habitait au 6 rue Vivienne, une maison au 4 rue des Petits-Champs et une propriété au passage des Petits-Pères pour y faire édifier le passage sur les plans de l'architecte François-Jacques Delannoy. Inaugurée sous le nom de Marchoux, elle prend celui de galerie Vivienne en 1825. Construite sur un terrain étroit et irrégulier, la galerie conserve une grande partie des constructions préexistantes, contrainte qui a dicté sa composition. Longue de 176 mètres et large de 3 mètres, elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 7 juillet 1974; les façades remarquables se situent aux 4 rue des Petits-Champs, 5-7 rue de la Banque et 6 rue Vivienne. Le passage appartient à une copropriété privée, mais l'accès piéton est libre pendant les heures d'ouverture; il est desservi par la station de métro Bourse. Delannoy a conçu un décor néo-classique d'inspiration pompéienne sous une verrière élégante, mêlant mosaïques, peintures et sculptures qui célèbrent le commerce. Le sol en mosaïque sur fond de terrazzo est signé Giandomenico Facchina et Mazzioli et rappelle le style des mosaïques de la rue de Rivoli. La galerie principale, longue de 42 mètres, débouche sur une rotonde vitrée coiffée d'une coupole hémisphérique, éléments d'origine. Les travaux de restauration ont mis en valeur les ornements qui décorent les fenêtres en demi-lune — caducées, ancres et cornes d'abondance — ainsi que les statues de déesses et de nymphes de la rotonde. L'architecte reprend le vocabulaire du style Empire avec pilastres, arcs et corniches, et multiplie les symboles de richesse et de commerce tels que cornes d'abondance, couronnes de laurier, gerbes de blé, palmes et caducées d'Hermès. La galerie a tiré profit de son emplacement, à proximité du Palais-Royal et des boulevards, et a longtemps attiré une clientèle nombreuse. On y trouvait tailleurs, bottiers, marchands de vin, merciers, opticiens, bonnetiers, verriers, restaurateurs, confiseurs, marchands d'estampes et la librairie Petit-Siroux fondée en 1829; le Cosmorama s'y est installé en 1828. Malgré son animation, certains contemporains critiquaient sa faible hauteur sous plafond et sa largeur, jugeant les marchandises peu luxueuses; elle resta toutefois l'un des passages les plus fréquentés de la ville. La galerie fut léguée en 1859 par Anne Sophie « Ermance » Marchoux à l'Institut de France afin que ses revenus soutiennent les artistes titulaires du prix de Rome; Ermance, sculptrice, a réalisé les deux statues encadrant l'entrée. Après le Second Empire, la galerie décline quelque peu, victime du déplacement des commerces prestigieux et des transformations urbaines, et elle est plusieurs fois menacée de destruction, notamment après un déclassement en 1926. Un incendie en 1891 au n°43 causa la mort de trois personnes. En crise dans les années 1960, les boutiques ferment puis sont rachetées par l'artiste Huguette Spengler, qui y installe des créations oniriques; la galerie renaît dans les années 1980 avec l'arrivée de créateurs tels que Jean-Paul Gaultier et Yuki Torii en 1986, et connaît depuis un renouveau de l'activité commerciale et culturelle. Des travaux de restauration ont été menés à la fin du XXe siècle sous la direction de l'architecte Marc Saltet et une rénovation d'ampleur en 2016 a suscité des polémiques sur l'intégrité du lieu. Le 12 septembre 2019, la galerie a été jumelée avec les Galeries royales Saint-Hubert de Bruxelles. Parmi les lieux de mémoire, Kenzō Takada y a ouvert sa première boutique et présenté son premier défilé à Paris. Aujourd'hui la galerie accueille des boutiques de mode, des commerces de décoration et des cafés, et reste un exemple marquant des passages couverts parisiens.