Frise chronologique
1823
Construction initiale
Construction initiale
1823 (≈ 1823)
Création par Marchoux et Delannoy.
1825
Rebaptisée *Vivienne*
Rebaptisée *Vivienne*
1825 (≈ 1825)
Changement de nom après inauguration.
1859
Légs à l’Institut de France
Légs à l’Institut de France
1859 (≈ 1859)
Don d’Ermance Marchoux pour le prix de Rome.
7 juillet 1974
Classement monument historique
Classement monument historique
7 juillet 1974 (≈ 1974)
Protection du décor et des façades.
2016
Rénovation controversée
Rénovation controversée
2016 (≈ 2016)
Polémique sur les travaux menés.
12 septembre 2019
Jumelage avec Bruxelles
Jumelage avec Bruxelles
12 septembre 2019 (≈ 2019)
Partenariat avec les Galeries royales Saint-Hubert.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La galerie elle-même avec son décor, y compris l'escalier avec sa rampe en fer forgé du n° 13 ; les façades des immeubles sis 4, rue des Petits-Champs, 6, rue Vivienne et 5, 7, rue de la Banque : inscription par arrêté du 7 juillet 1974, modifié par arrêté du 26 novembre 2012
Personnages clés
| Louis-Auguste Marchoux - Fondateur et notaire |
Commanditaire de la galerie en 1823. |
| François-Jacques Delannoy - Architecte |
Concepteur du style néo-classique pompéien. |
| Ermance Marchoux - Artiste et donatrice |
Sculptrice des entrées, légataire à l’Institut. |
| Vidocq - Ancien bagnard et policier |
Occupa un logement au n°13. |
| Kenzo Takada - Créateur de mode |
Y ouvrit sa première boutique. |
| Marc Saltet - Architecte restaurateur |
Dirigea les travaux de fin XXe siècle. |
Origine et histoire
La galerie Vivienne, initialement nommée galerie Marchoux, fut construite en 1823 par le notaire Louis-Auguste Marchoux sur les plans de l’architecte François-Jacques Delannoy. Elle remplaça plusieurs hôtels particuliers, dont celui de Vanel et de Baudru de Serrant, pour créer un passage reliant la rue des Petits-Champs à la rue Vivienne. Son style néo-classique pompéien, orné de mosaïques signées Facchina et de sculptures symbolisant le commerce (caducées, cornes d’abondance), en fit un lieu emblématique. Inaugurée sous le nom de son fondateur, elle fut rebaptisée Vivienne en 1825, en référence à la rue éponyme, elle-même nommée d’après Louis Vivien, échevin de Paris en 1599.
Dès son ouverture, la galerie attira une clientèle variée grâce à sa position stratégique entre le Palais-Royal, la Bourse et les Grands Boulevards. On y trouvait des commerces artisanaux (tailleurs, bottiers, librairies comme Petit-Siroux), des spectacles (le Cosmorama en 1828), et des cafés. Malgré son succès initial, elle souffrit de la concurrence de la galerie Colbert voisine et du déclin du Palais-Royal. La révolution haussmannienne et le départ des commerces de luxe vers la Madeleine réduisirent son prestige à partir du Second Empire.
En 1859, Anne Sophie Ermance Marchoux, artiste et sculpteur (autrice des statues de l’entrée), légua la galerie à l’Institut de France pour financer les lauréats du prix de Rome. Le lieu connut des hauts et des bas : incendie meurtrier en 1891, menace de démolition en 1926, puis renaissance artistique dans les années 1980 sous l’impulsion d’Huguette Spengler. Aujourd’hui, elle abrite des boutiques de mode (comme celle de Kenzo Takada dans les années 1980), des cafés, et des défilés, tout en conservant son décor d’origine protégé depuis 1974.
La galerie Vivienne se distingue par son escalier monumental menant à l’ancienne demeure de Vidocq, chef de la police secrète, et par sa rotonde vitrée surmontée d’une coupole en verre hémisphérique. Les restaurations, notamment celles menées par Marc Saltet à la fin du XXe siècle, ont préservé ses éléments remarquables : verrière élégante, sols en terrazzo, et décors sculptés célébrant le commerce. En 2016, une polémique éclata autour d’une rénovation jugée trop intrusive, avant son jumelage en 2019 avec les Galeries royales Saint-Hubert de Bruxelles.
Architecturalement, Delannoy y mêla des influences Empire (pilastres, arcs) et des symboles de prospérité (lauriers, gerbes de blé). Les mosaïques géométriques du sol, inspirées de celles de la rue de Rivoli, et les peintures de nymphes dans la rotonde soulignent son caractère à la fois utilitaire et artistique. Classée monument historique en 1974, la galerie incarne l’âge d’or des passages parisiens, entre innovation commerciale et patrimoine architectural.