Origine et histoire des Galeries nationales
Le Grand Palais, souvent appelé Grand Palais des Beaux-Arts, est un monument parisien situé en bordure des Champs-Élysées, dans le 8e arrondissement. Construit à partir de 1897 pour l'Exposition universelle de 1900, il remplace le palais de l'Industrie de 1855. Sa vocation initiale était d’accueillir les grandes manifestations artistiques officielles de la capitale, comme l’indique son fronton : « Monument consacré par la République à la gloire de l’art français ». Le concours pour sa conception, réservé aux architectes français, a vu quatre lauréats indissociables : Henri Deglane, Albert Louvet, Albert-Félix-Théophile Thomas et Charles Girault, chargés de synthétiser leurs propositions.
L’architecture du Grand Palais reflète l’éclectisme du style Beaux-Arts et la technicité de la Belle Époque. Sa nef principale, longue de 240 mètres, est surmontée d’une verrière en acier et verre pesant 8 500 tonnes. Les façades, inspirées de celles du Louvre, masquent cette innovation métallique. Le monument a connu des usages variés : salons artistiques, expositions techniques, hôpital militaire pendant les guerres mondiales, et même caserne pour les troupes coloniales en 1914. En 1937, le Palais de la découverte s’y installe définitivement dans l’aile ouest, marquant un tournant dans son histoire.
Classé monument historique en 1975, le Grand Palais a subi d’importantes restaurations à partir de 2001 en raison de désordres structurels liés à l’affaissement des fondations et à la corrosion de sa charpente métallique. Ces travaux, achevés en 2007, ont permis de préserver son intégrité, notamment sa verrière, la plus grande d’Europe avec 17 500 m2. En 2020, une nouvelle rénovation est lancée pour moderniser ses espaces avant les Jeux olympiques de 2024, avec un budget de 400 millions d’euros. Le monument reste un symbole culturel majeur, accueillant expositions, événements et compétitions sportives.
Les Galeries nationales, créées en 1964 par Reynold Arnould à la demande d’André Malraux, occupent une partie de l’aile nord. Elles ont accueilli des rétrospectives majeures, comme celle de Pablo Picasso en 1966. Le Grand Palais a également été le théâtre d’événements historiques, comme le sommet de l’Union pour la Méditerranée en 2008 ou des concerts exceptionnels, dont ceux de Prince en 2009. Son rôle polyvalent, entre art, science et événements grand public, en fait un lieu unique dans le paysage parisien.
L’architecture du Grand Palais est marquée par des éléments symboliques, comme les quadriges en cuivre de Georges Récipon, représentant L’Immortalité devançant le Temps et L’Harmonie triomphant de la Discorde. Les mosaïques extérieures, réalisées par Auguste-Maximilien Guilbert-Martin, célèbrent l’art à travers les civilisations, tandis que les frises intérieures en grès cérame ornent les sols. La restauration de 2001-2007 a permis de retrouver la couleur d’origine de la charpente, un vert « Réséda pâle », identifié grâce à des archives de l’entreprise Ripolin.
Aujourd’hui, le Grand Palais continue d’évoluer, avec des projets visant à augmenter sa capacité d’accueil (11 000 personnes dans la nef) et à intégrer davantage le Palais de la découverte. Sa réouverture en 2024, après quatre ans de travaux, coïncide avec les Jeux olympiques, où il accueillera les épreuves d’escrime et de taekwondo. Ce monument, à la fois témoin de l’histoire et lieu d’innovation, incarne le dynamisme culturel et architectural de Paris.