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Borne milliaire gallo-romaine à Weitbruch dans le Bas-Rhin

Bas-Rhin

Borne milliaire gallo-romaine


    67500 Weitbruch
Borne milliaire gallo-romaine
Borne milliaire gallo-romaine
Crédit photo : LudoMarcFran-W - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1859
Découverte de la stèle
1890
Réemploi comme pierre commémorative
1931
Dégâts et graffiti
21 avril 1934
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Borne milliaire gallo-romaine : inscription par arrêté du 21 avril 1934

Personnages clés

Colonel Charles-Gabriel Beaudet de Morlet - Topographe et militaire A redressé la stèle en 1859, partisan de l’hypothèse romaine.
Jérôme Anselme Siffer - Curé et historien local A émis des hypothèses contestées sur des inscriptions.
Brigitte Parent - Rédactrice de l’inventaire topographique A documenté la stèle en 1985 pour Mérimée.

Origine et histoire

La colonne de la forêt de Weitbruch, bien que souvent désignée comme une borne milliaire gallo-romaine, est en réalité une stèle dont l’origine et la fonction restent indéterminées. Découverte en 1859 par des bûcherons dans la forêt communale de Weitbruch (Bas-Rhin), elle fut initialement interprétée comme un vestige du réseau routier romain de Germanie supérieure. Cependant, l’absence d’inscription latine avérée et les doutes des spécialistes dès la fin du XIXe siècle ont conduit à abandonner cette hypothèse. La stèle, en grès avec des inclusions de quartz, mesure 2,10 m de haut pour un diamètre de 60 à 69 cm, et présente un sommet irrégulier et une base parallélépipédique.

La stèle fut redressée en 1859 par le colonel de Morlet, qui y vit une colonne tronquée, peut-être liée à la voie romaine hypothétique reliant Brumath à Seltz. Cependant, ses conjectures, basées sur des vestiges romains avérés dans les environs et une forme jugée similaire à d’autres bornes, furent contestées. Jérôme Anselme Siffer, curé local, émit l’hypothèse de traces d’un chiffre romain (X) et de lettres (LEVG), mais ces interprétations, jugées peu crédibles, ne furent pas retenues par le Corpus Inscriptionum Latinarum en 1907. La pierre, anépigraphe à l’origine, fut ultérieurement gravée (dates de 1859 et 1931) et vandalisée.

Malgré son classement comme Monument historique en 1934 pour préserver ce vestige controversé, la stèle a subi plusieurs déplacements et réemplois. En 1890, elle fut utilisée comme pierre commémorative par une société de vétérans, puis dégradée en 1931, peut-être en lien avec la ligne Maginot. Son environnement forestier, riche en vestiges antiques (tuiles, bronzes, médailles), et sa proximité avec d’anciennes voies n’ont pas permis de trancher sur sa fonction originelle. Les hypothèses alternatives incluent une borne protohistorique, médiévale, ou une croix de chemin christianisée.

Aujourd’hui, la colonne porte des graffitis et un cartouche gravé (KM, AAWA, 1931), témoignant de ses réutilisations successives. Son emplacement actuel, dans le district 39 de la forêt communale, à 2 km au nord de Weitbruch, reste mal documenté quant à son orientation d’origine. Les archives et études ultérieures pourraient éclairer son histoire, mais son mystère persiste, reflétant les limites des connaissances sur les vestiges isolés de la période antique ou médiévale en Alsace.

Liens externes