Origine et histoire de la gare
La gare de Belfort, située à proximité du centre-ville dans le Territoire de Belfort (Bourgogne-Franche-Comté), est une gare ferroviaire française desservie principalement par des trains régionaux TER de la SNCF. L'édifice actuel, attribué à l'architecte Jules Bernaut et daté des années 1930, se compose de plusieurs corps de bâtiments aux volumes distincts, parmi lesquels se détachent une tour- horloge, le bâtiment voyageurs et une halle des messageries en béton armé. Inscrite dans le patrimoine bâti des années 1930, la gare se caractérise par son parti architectural original, l'utilisation de la brique jaune et le décor Art déco de ses façades. Les façades avec leurs marquises, les toitures de l'ensemble des corps de bâtiments, la halle des messageries et le bâtiment du vestibule ont fait l'objet d'une protection au titre des monuments historiques, d'abord par inscription puis par classement en juillet 2015.
La gare occupe le point kilométrique 442,682 de la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville, entre les gares des Trois-Chênes et de Petit-Croix, et le PK 501,557 de la ligne de Dole-Ville à Belfort ; son altitude est de 358 mètres. Elle est aussi l'origine de la ligne de Belfort à Delle, qui se prolonge en Suisse par la ligne Delémont–Delle, et formait avec les axes vers la Haute-Saône et vers la Franche-Comté une étoile ferroviaire à trois branches. L'électrification s'arrête à la sortie nord de la gare sur la ligne vers Paris, si bien que les relations longue distance entre Paris et Mulhouse impliquaient autrefois un changement de mode de traction en gare de Belfort. La branche vers Delle se détache juste après la traversée de la Savoureuse au PK 444,248 ; cette ligne a été modernisée et électrifiée dans les années 2010, puis la portion française réouverte fin 2018, restaurant la connexion avec le réseau suisse et la desserte vers la gare de Belfort–Montbéliard TGV.
L'histoire ferroviaire de Belfort remonte au milieu du XIXe siècle : la ligne de Paris à Mulhouse fut concédée à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg (devenue la Compagnie de l'Est), et une gare provisoire fut mise en service en 1858 lors de l'ouverture des sections qui permirent des relations avec Mulhouse, Bâle et Paris. L'arrivée des trains de la Compagnie du PLM avec l'ouverture de la ligne de Besançon à Belfort en 1858 fit de la gare un nœud commun aux deux compagnies, mais la croissance du trafic entraîna rapidement des problèmes d'espace et d'exploitation. Au fil du temps, de nouvelles lignes furent ouvertes, dont Belfort–Delle et Belfort–Giromagny, et la gare connut plusieurs phases de reconstruction et d'adaptation, aboutissant aux aménagements des années 1930. Les voies de la gare sont électrifiées depuis 1970 et, avant la mise en service de la LGV Rhin-Rhône, la gare accueillait encore des trains Grandes Lignes entre Strasbourg et Lyon, opérationnellement contraints par des rebroussements ou des manœuvres de locomotives.
La gare dispose d'un bâtiment voyageurs ouvert tous les jours avec un accueil, des guichets ouverts selon des horaires réguliers, des automates pour l'achat de titres, un hall d'attente et des services commerciaux, dont une boutique de presse et un buffet en projet de réouverture. Elle est desservie par les réseaux TER Bourgogne-Franche-Comté et TER Grand Est, avec des relations entre Paris-Est et Belfort (via Troyes) ou Mulhouse-Ville, et des liaisons régionales vers Montbéliard, Besançon-Viotte, Lons-le-Saunier, Bourg-en-Bresse, Lyon-Perrache, Vesoul, Épinal, Meroux et Delle (avec correspondances vers Delémont et Bienne). Lors du festival des Eurockéennes, la gare connaît une forte pointe de trafic pour les navettes gratuites vers la halte de Bas-Évette ; en 2018 ces navettes ont été assurées par le couplage de deux rames AGC X 76500 sur un trajet d'environ 16 minutes.
L'intermodalité autour de la gare comprend un parking, un dépose-minute, un parc à vélos, une station de vélos en libre-service et des arceaux, tandis que le réseau urbain Optymo en fait un pôle d'échanges desservi par plusieurs lignes dont une qui relie la gare TGV en une vingtaine de minutes ; une ligne interurbaine autoroutière et la ligne interdépartementale Mobigo 610 assurent des liaisons complémentaires. La gare reste également ouverte au service du fret.