Origine et histoire de la gare
La gare de Bordeaux-Bastide, anciennement gare d'Orléans, a été inaugurée le 20 septembre 1852 pour accueillir le chemin de fer Paris-Bordeaux. Située quai des Queyries dans le quartier de la Bastide, elle marquait le point kilométrique 581,7 de la ligne de Lormont à Bordeaux-Bastide. Son architecture néo-classique, conçue par l'architecte Darru et l'ingénieur Pépin-le-Haleur, en fait un exemple typique des gares tête de ligne du XIXe siècle, avec un plan en U et une façade ornée de pavillons d'angle et d'une demi-rosace.
Dès son ouverture, la gare a joué un rôle clé dans le réseau ferroviaire français. En 1853, elle accueillit les premiers trains en provenance de Paris, et en 1860, le pont sur la Garonne (appelé passerelle Eiffel) permit une liaison avec la gare Saint-Jean. Cependant, dès 1861, une partie de son trafic passager fut transférée vers cette dernière, réduisant son importance. La gare conserva un trafic local jusqu'en 1951, avant d'être abandonnée en 1990 après la destruction de sa halle métallique en 1950.
Le bâtiment, aujourd'hui propriété de Bordeaux Métropole, a été partiellement préservé. Ses façades, toitures, et les salles d'attente de l'aile nord (avec leur décor d'origine) sont classées monuments historiques depuis 1984. La gare marchandise adjacente, démantelée à partir de 2014, a laissé place à des infrastructures modernes, tandis que l'ancienne gare des voyageurs a été reconvertie en un espace dédié au cinéma et à la restauration, témoignant de son adaptation au patrimoine contemporain.
Son architecture reflète le néo-classicisme bordelais, avec des éléments comme des colonnes doriques, des pilastres, et des ouvertures en plein cintre. Malgré la disparition de certains éléments (statue monumentale, halle), le site reste un symbole de l'histoire ferroviaire française. La gare est également liée à des figures comme l'architecte Darru, qui a conçu ses plans entre 1851 et 1853, et l'ingénieur Pépin-le-Haleur, collaborateur sur le projet.