Frise chronologique
1848-1851
Construction du bâtiment principal
Construction du bâtiment principal
1848-1851 (≈ 1850)
Première gare dédiée aux marchandises, compagnie PLM.
1915
Ouverture de la ligne Côte Bleue
Ouverture de la ligne Côte Bleue
1915 (≈ 1915)
Ligne Miramas-L'Estaque, développement touristique.
années 1920
Extensions Art déco
Extensions Art déco
années 1920 (≈ 1920)
Abri métalliques et passage souterrain ajoutés.
1962
Électrification des voies
Électrification des voies
1962 (≈ 1962)
Courant continu 1500 V, modernisation.
22 novembre 2012
Classement monument historique
Classement monument historique
22 novembre 2012 (≈ 2012)
Protection des façades, abris et passage souterrain.
2023
Appel à projets pour réhabilitation
Appel à projets pour réhabilitation
2023 (≈ 2023)
Nouveaux usages non ferroviaires prévus.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du bâtiment des voyageurs ; le passage souterrain avec ses escaliers ; l'ensemble des abris en ferronnerie (cad. 908 D 242) : inscription par arrêté du 22 novembre 2012
Personnages clés
| Paul Cézanne - Peintre postimpressionniste |
A immortalisé le quartier de L'Estaque. |
| René Char - Poète |
A écrit *La gare hallucinée* (1985). |
Origine et histoire
La gare de L'Estaque, située dans le 16e arrondissement de Marseille, est un monument emblématique du patrimoine ferroviaire français. Construite entre 1848 et 1851 par la Compagnie PLM sur la ligne Paris-Lyon-Marseille, elle fut initialement dédiée au transport de marchandises (briqueteries, cimenteries, usines chimiques locales) avant de devenir une gare voyageurs. Son architecture allie un bâtiment principal en brique du milieu du XIXe siècle et des abris métalliques Art déco ajoutés dans les années 1920, reflétant les extensions liées à l’essor économique et démographique du quartier.
Le quartier de L'Estaque, autrefois village de pêcheurs et de tuiliers, connut une transformation radicale avec l’arrivée du chemin de fer. La gare devint un pôle stratégique pour les industries locales et le tourisme balnéaire naissant, tout en servant de jonction pour trois lignes majeures : la ligne Paris-Marseille, la ligne de la Côte Bleue (Miramas-L'Estaque, ouverte en 1915), et l’embranchement vers la gare maritime de la Joliette. Ce dernier, actif jusqu’aux années 1960, reliait les voyageurs aux bateaux pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, illustrant le rôle clé de Marseille comme porte méditerranéenne.
Classée monument historique en 2012, la gare protège ses façades, son passage souterrain aux céramiques blanches et ferronneries Art nouveau, ainsi que ses abris en ferronnerie. Les voies de débord, autrefois dédiées aux marchandises, sont aujourd’hui sous-utilisées depuis la fermeture des usines. Depuis 2016, des campagnes de restauration visent à préserver son patrimoine (kiosque, salle d’attente, marquise) et à réinventer ses usages, comme en témoigne l’appel à projets de 2023 pour y implanter des activités non ferroviaires (commerces, services numériques).
La gare inspire aussi la culture : le poète René Char lui consacre un texte dans Les voisinages de Van Gogh (1985), évoquant son atmosphère onirique. Symbole de l’industrialisation et de la modernité artistique, elle reste un lieu vivant, desservi par des TER Provence-Alpes-Côte d’Azurs et intégré au réseau de bus marseillais (RTM).