Frise chronologique
1841
Première gare provisoire
Première gare provisoire
1841 (≈ 1841)
Ouverture du débarcadère de Koenigshoffen.
1846
Gare du Marais-Vert
Gare du Marais-Vert
1846 (≈ 1846)
Mise en service, remplacée en 1883.
1871-1883
Construction de la gare actuelle
Construction de la gare actuelle
1871-1883 (≈ 1877)
Projet allemand dans la Neustadt.
15 août 1883
Inauguration
Inauguration
15 août 1883 (≈ 1883)
Première gare électrique de Strasbourg.
1919
Retour à la France
Retour à la France
1919 (≈ 1919)
Effacement des symboles impériaux allemands.
2007
Modernisation pour le TGV
Modernisation pour le TGV
2007 (≈ 2007)
Ajout de la verrière et réaménagement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment principal et halle métallique : inscription par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
| Johann Eduard Jacobsthal - Architecte |
Concepteur de la gare, inspiré par Hanovre. |
| Guillaume Ier - Empereur allemand |
Salons impériaux jamais utilisés par lui. |
| Hermann Knackfuss - Peintre |
Auteur des fresques impériales (1885). |
| Georges Clemenceau - Président du Conseil |
Visite la gare en 1919 après sa réintégration française. |
| Jean-Marie Duthilleul - Architecte contemporain |
Concepteur de la verrière (2007). |
Origine et histoire
La gare de Strasbourg-Ville, inaugurée en 1883 sous administration allemande, remplace deux gares précédentes (Koenigshoffen en 1841 et Marais-Vert en 1846). Conçue par l’architecte Johann Eduard Jacobsthal, elle incarne le style néo-Renaissance et s’inscrit dans le projet urbanistique de la Neustadt, premier bâtiment emblématique de ce quartier. Sa façade en grès des Vosges, ses fresques impériales (disparues en 1919) et ses salons luxueux, jamais utilisés par Guillaume Ier, reflètent son rôle stratégique dans l’Empire allemand.
La gare devient un hub ferroviaire européen, avec cinq lignes en étoile dont une transfrontalière vers l’Allemagne. Après 1918, elle passe sous contrôle français (Administration des chemins de fer d’Alsace-Lorraine, puis SNCF en 1938). Endommagée lors des conflits mondiaux, elle est modernisée dans les années 1980, puis profondément transformée en 2007 pour l’arrivée du TGV Est : une verrière de 8 000 m2, surnommée « le zeppelin », est ajoutée devant la façade historique, symbolisant son adaptation aux enjeux contemporains.
Classée troisième gare de France hors Île-de-France avec 24,6 millions de voyageurs annuels en 2024, elle combine trafics national (TGV, Intercités), régional (TER Grand Est, Ortenau-S-Bahn) et international (ICE vers l’Allemagne). Son parvis, réaménagé à plusieurs reprises, intègre une station de tramway souterraine (unique en son genre) et une galerie commerciale. La gare basse, ancienne zone de triage, abrite aujourd’hui le technicentre Grand-Est, tandis que des projets futurs envisagent une ouverture à 360° du site.
Son histoire reflète les tensions franco-allemandes : fresques impériales effacées en 1919, aigle allemande remplacée par les armes de Strasbourg, et poste d’aiguillage modernisé en 2006 pour gérer 1 000 mouvements quotidiens. La gare a aussi accueilli des événements culturels (tournages de films comme Julia en 1976) et des innovations, comme des annonces sonores en alsacien en 2013. Son architecture, protégée depuis 1984, mêle héritage impérial et fonctionnalité moderne.
Les défis actuels incluent l’augmentation de sa capacité (allongement des quais, création de voies de garage) et l’intégration dans le Réseau express métropolitain européen (REME). Malgré des critiques sur son aménagement (galerie commerçante inondable, cheminements piétonniers complexes), elle reste un symbole de la centralité strasbourgeoise, entre mémoire historique et dynamisme européen. Son dépôt, construit en 1879, abrite toujours des locomotives et un château d’eau transformé en musée Vodou, témoignant de son ancrage industriel.