Origine et histoire de la gare
La gare de Tourcoing, située dans le département du Nord en région Hauts-de-France, est un monument ferroviaire majeur construit au début du XXe siècle. Elle remplace une première gare inaugurée en 1842, rapidement saturée par l’essor industriel textile de la Belle Époque. L’édifice actuel, achevé en 1905, est conçu par les architectes Clément Ligny, M. Aumont et Vainey, s’inspirant du style néo-Louis XIII de la gare voisine de Roubaix, avec une façade de 110 mètres en brique et pierre, une horloge centrale et une halle métallique vitrée.
La gare joue un rôle clé comme gare frontière avec la Belgique, intégrant des services douaniers, un hôtel, un bureau de poste et des espaces dédiés aux voyageurs et marchandises. Elle est aussi le théâtre d’un épisode sombre de l’Histoire : le 1er septembre 1944, le Train de Loos y déporte 871 prisonniers politiques vers les camps nazis. Classée Monument Historique en 1984, elle évolue avec l’arrivée du TGV en 1993 et des Ouigo en 2015, devenant la troisième gare la plus fréquentée de la métropole lilloise.
Entre 2020 et 2022, d’importants travaux (7,2 millions d’euros) restaurent le bâtiment et ses abords, ajoutant un pôle d’échanges multimodal (garage à vélos, parking relais) et préparant une future desserte par tramway. La gare, toujours active, mêle ainsi patrimoine historique et modernité, tout en servant de décor à des productions cinématographiques comme Le Corps de mon ennemi (1976) ou la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie (2020).
Architecturalement, la gare se distingue par son hall central vitré, ses pavillons latéraux à mansardes, et une cour pavée ouvrant sur des rues en éventail. Son style, adapté aux matériaux locaux (brique, pierre), reflète l’identité industrielle de la région. La halle Sernam adjacente, rachetée puis réhabilitée en 2019, et le garage TGV voisin (partagé avec Wattrelos) soulignent son importance logistique persistante.
Aujourd’hui, la gare de Tourcoing reste un nœud ferroviaire stratégique, desservi par des TGV (Paris, Lyon, Rennes), des Ouigo, des TER Hauts-de-France et des trains internationaux vers la Belgique. Son histoire, marquée par des transformations techniques et sociales, en fait un symbole de la résilience et de l’adaptation du patrimoine industriel français.