Frise chronologique
1er juillet 1863
Inauguration de la première gare
Inauguration de la première gare
1er juillet 1863 (≈ 1863)
Prolongement de la ligne Paris-Deauville initié par le duc de Morny.
1913
Avant-projet de reconstruction
Avant-projet de reconstruction
1913 (≈ 1913)
Style régional normand envisagé, reporté par la guerre.
26 juillet 1931
Inauguration de la gare actuelle
Inauguration de la gare actuelle
26 juillet 1931 (≈ 1931)
Œuvre de Jean Philippot, style néo-normand en béton armé.
1932
Aménagement de la place Louis-Armand
Aménagement de la place Louis-Armand
1932 (≈ 1932)
Réalisé par l’architecte Léopold Mias.
5 juillet 2010
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
5 juillet 2010 (≈ 2010)
Protection des façades, hall et quais d’origine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures de l'ensemble du bâtiment, ainsi que le grand hall des voyageurs ; les quais avec les abris, les lampadaires et luminaires (cad. AK 472, 473) : inscription par arrêté du 5 juillet 2010
Personnages clés
| Duc de Morny - Commanditaire initial |
Obtient le prolongement ferroviaire en 1860. |
| Jean Philippot - Architecte de la gare |
Conçoit le bâtiment en 1930-1931. |
| Raoul Dautry - Directeur des chemins de fer |
Inaugure la gare en 1931. |
| Louis Houpin - Peintre décorateur |
Auteur des fresques du hall (1932). |
| Léopold Mias - Architecte paysagiste |
Aménage la place en 1932. |
Origine et histoire
La gare de Trouville-Deauville trouve son origine dans le développement de la station balnéaire de Deauville au XIXe siècle. En 1860, le duc de Morny obtient le prolongement de la ligne Paris-Saint-Lazare jusqu’à Deauville, avec une première gare inaugurée le 1er juillet 1863. Ce projet visait à faciliter l’accès des touristes et des élites parisiennes à cette destination en plein essor, marquant le début d’une fréquentation accrue de la côte normande.
En 1913, un avant-projet propose de reconstruire la gare dans un style régional normand, mais la Première Guerre mondiale retarde sa réalisation. Ce n’est qu’en 1929 qu’un quai dédié aux chevaux de course est établi, reflétant l’importance des activités hippiques locales. Les plans définitifs, validés en janvier 1930, confient la conception à l’architecte Jean Philippot, connu pour son travail sur la gare de Vanves-Malakoff. Les travaux débutent en novembre 1930, avec une destruction du bâtiment d’origine pour laisser place à une structure moderne en béton armé, parementée de briques et de mortier imitant les pans de bois.
La nouvelle gare, inaugurée le 26 juillet 1931 par Raoul Dautry (directeur des chemins de fer de l’État) et Jacques Helbronner, adopte un plan en U avec un hall semi-cylindrique orné de peintures marouflées de Louis Houpin (1932). Ces œuvres représentent un plan des villes jumelles et une carte de Normandie, soulignant le lien entre le monument et son territoire. Les quais, pavés de grès jaune et rouge, desservent six voies principales et cinq annexes, tandis que la place Louis-Armand est aménagée en 1932 par Léopold Mias pour faciliter l’accès des véhicules.
Comparée à des gares coloniales comme celle de Pointe-Noire (Congo) ou Dalat (Viêt Nam), conçues la même année par Philippot dans un style néo-normand, la gare de Trouville-Deauville incarne une synthèse entre modernité technique et régionalisme architectural. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis le 5 juillet 2010 pour ses façades, son hall, ses quais et leurs équipements d’origine.
Au-delà de sa fonction ferroviaire, la gare devient un symbole culturel, apparaissant dans des films comme Un homme et une femme (1966) de Claude Lelouch ou Légitime Violence (1982) de Serge Leroy. Aujourd’hui, elle reste un pôle majeur du réseau TER Normandie, desservant Paris-Saint-Lazare et les villes voisines, tout en conservant son rôle historique dans l’accueil des voyageurs et des événements locaux.