Origine et histoire de la gare
La gare SNCF de Trouville - Deauville, située à proximité du centre de Deauville et près de Trouville-sur-Mer (Calvados, Normandie), est le terminus de la ligne de Lisieux à Trouville - Deauville et figure également au PK 50,030 de la ligne de Mézidon à Trouville - Deauville, partiellement déclassée. Établie à 6 mètres d'altitude, elle trouve son origine dans un ensemble construit au XIXe siècle pour desservir la station balnéaire de Deauville. Face à l'afflux croissant de voyageurs, la municipalité sollicita dès 1909 l'agrandissement ; plusieurs projets furent proposés avant qu'un accord ne soit trouvé en 1930 autour du projet de l'architecte Jean Philippot. Philippot, auteur d'autres réfections ferroviaires, conçut un bâtiment principal en U en béton armé, couvrant un vaste hall par une voûte portée par des fermes cintrées, et coiffé d'un comble en tuiles plates ponctué de décrochés. L'édifice associe un volume moderne à des références locales, avec un parement mêlant pierre, brique et faux pans de bois. Les plans, approuvés au début de 1931, prévoyaient le bâtiment principal, deux annexes pour messageries et bureaux, une cour des voyageurs, trois quais de 300 mètres desservis par six voies principales et un faisceau de cinq voies pour le nettoyage des rames ; les travaux, confiés à l'entreprise Chard, débutèrent en novembre et s'achevèrent six mois plus tard. La nouvelle gare fut inaugurée le 26 juillet 1931. Le projet ne fut cependant que partiellement réalisé : la gare fut édifiée en retrait pour dégager une vaste place au nord-ouest, la construction des boutiques prévues le long de l'avenue de la République ayant été abandonnée et la place transformée en aire de stationnement. En 1932, un projet non réalisé de jardins plantés de pommiers fut déposé par l'architecte-voyer Léopold Mias. Au cours du XXe siècle, les intérieurs furent remaniés et la salle des bagages, la salle d'attente des 1re et 2e classes ainsi que la bibliothèque furent supprimées. Le hall demi-cylindrique abrite deux peintures marouflées de Louis Houpin datées de 1932, représentant un plan de Trouville et Deauville et une carte de Normandie. Trois quais pavés de grès jaune et rouge de Beugin, dotés d'abris en béton armé couverts de tuiles plates, desservent les six voies principales et sont complétés par cinq voies annexes dédiées au nettoyage des rames. La gare, parfois comparée aux réalisations contemporaines de Jean Philippot à Pointe-Noire et à Dalat, illustre un néo-régionalisme mêlant modernité et références locales. Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 5 juillet 2010 ; la protection concerne les façades et toitures de l'ensemble, le grand hall des voyageurs ainsi que les quais avec leurs abris, lampadaires et luminaires. Exploitée par la SNCF, la gare est desservie par des trains TER Normandie qui assurent les relations entre Paris-Saint-Lazare et Deauville et entre Deauville et Lisieux ou Dives‑Cabourg. La fréquentation annuelle a été estimée par la SNCF pour la période 2015-2023. Le bâtiment voyageurs accueille un guichet ouvert tous les jours, des automates, une boutique presse-tabac et divers services tels qu'un accueil pour les personnes handicapées, une borne Wi‑Fi, des toilettes avec coin nurserie, des cabines téléphoniques et une cabine pour photos d'identité. L'intermodalité est assurée par un parc à vélos, un parking, une station de taxis, un arrêt desservi par le réseau interurbain Nomad et la présence d'un loueur de véhicules dans le hall. Le bâtiment apparaît enfin dans plusieurs films, notamment Nous irons à Deauville (1962), Un homme et une femme (1966) et Légitime Violence (1982).