Origine et histoire
La gare de Valence-Ville, située dans le département de la Drôme, est un témoignage majeur de l’expansion ferroviaire française au XIXe siècle. Inaugurée en 1854 par la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée (LM), elle devient un nœud stratégique avec l’ouverture de la ligne Paris-Marseille via Lyon. Son emplacement, initialement controversé en raison de la traversée urbaine, est finalement validé pour faciliter la bifurcation vers Grenoble, transformant Valence en carrefour ferroviaire.
En 1857, la gare est intégrée au réseau de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), marquant une phase de modernisation. Le bâtiment actuel, conçu par l’architecte Louis-Jules Bouchot et mis en service en 1865, se distingue par sa façade néoclassique en pierre de taille, inspirée du Petit Trianon. La façade principale, classée Monument Historique en 1982, symbolise l’ambition architecturale de l’époque, mêlant élégance et fonctionnalité.
La gare joue un rôle central dans la vie locale dès son ouverture, comme en témoigne l’enthousiasme populaire décrit dans la presse de 1854. Les trains réduisent drastiquement les temps de trajet (Paris-Marseille en 12 heures de moins), malgré des défis initiaux comme l’épidémie de choléra. En 1864, Valence devient une gare de bifurcation avec l’ouverture de la ligne vers Moirans, renforçant son importance régionale.
Au XXe siècle, l’arrivée du TGV modifie son usage : la gare historique perd une partie de son trafic au profit de la gare de Valence TGV, inaugurée en 2001. Aujourd’hui, elle reste un pôle actif pour les TER Auvergne-Rhône-Alpes et les correspondances locales. Des rénovations récentes, comme celle de la grande halle voyageurs en 2022 (10 millions d’euros), préservent son patrimoine tout en l’adaptant aux besoins contemporains.
Le bâtiment, propriété de l’État, illustre l’évolution des gares françaises, passant de simples embarcadères en bois à des édifices monumentaux. La marquise métallique d’origine, la halle abritant les quais, et les détails architecturaux (pilastres doriques, balustrades) soulignent son héritage industriel et artistique. La gare incarne ainsi à la fois une prouesse technique et un marqueur social de la révolution des transports.
Classée parmi les monuments historiques, sa façade protège un patrimoine ferroviaire rare, tandis que son activité quotidienne (200 000 voyageurs annuels estimés) perpétue son rôle de lien entre les territoires. Les archives locales, comme celles des Études drômoises, documentent son impact économique et culturel, depuis les dons aux pauvres en 1854 jusqu’aux débats sur sa modernisation actuelle.