Frise chronologique
1913
Chemin de fer aérien de la Croisette
Chemin de fer aérien de la Croisette
1913 (≈ 1913)
Téléphérique marchandises entre Vovray et col de la Croisette.
1932
Inauguration du téléphérique actuel
Inauguration du téléphérique actuel
1932 (≈ 1932)
Œuvre de Braillard et Rebuffel, remplacement du train.
1951
Première modernisation
Première modernisation
1951 (≈ 1951)
Travaux avant déclin des années 1970.
1975
Fermeture temporaire
Fermeture temporaire
1975 (≈ 1975)
Détérioration et baisse de fréquentation.
1984
Réouverture après rénovation
Réouverture après rénovation
1984 (≈ 1984)
Financée par Genève et Edmond de Rothschild.
2018
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2018 (≈ 2018)
Protection partielle de la gare haute.
2021–2023
Rénovation complète
Rénovation complète
2021–2023 (≈ 2022)
Modernisation gares et restaurant panoramique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La gare haute du téléphérique du Salève à l’exception des élévations construites après 1932, située au lieu-dit « sur la ficle », sur la parcelle B704, figurant au cadastre section B : inscription par arrêté du 30 mars 2018.
Personnages clés
| Maurice Braillard - Architecte suisse |
Concepteur de la gare haute (1932). |
| André Rebuffel - Téléphériste |
Collaborateur technique du projet. |
| Auguste Fournier - Entrepreneur |
Coordinateur du chantier initial. |
| Maurice Delessert - Ingénieur civil |
Auteur d’un projet non réalisé (années 1910). |
| Edmond de Rothschild - Mécène |
Financeur de la rénovation (1984). |
Origine et histoire
La gare haute du téléphérique du Salève, inaugurée en 1932, est l’œuvre de l’architecte suisse Maurice Braillard et du téléphériste André Rebuffel, réunis par l’entrepreneur Auguste Fournier. Ce projet s’inscrit dans une dynamique de développement touristique alpestre, combinant transport moderne et recherche de panoramas exceptionnels. Contrairement à un projet antérieur de l’ingénieur Maurice Delessert (années 1910), qui prévoyait un départ depuis la Suisse, ce téléphérique est entièrement situé en France, sur le territoire de Monnetier-Mornex, en Haute-Savoie.
Le téléphérique remplace le chemin de fer du Salève (1892–1935), une ligne à crémaillère reliant Veyrier (Suisse) aux Treize Arbres, près de l’actuelle gare haute. Modernisé en 1951, il ferme en 1975 en raison d’une baisse de fréquentation et de détériorations. Grâce à l’intervention du canton de Genève et d’Edmond de Rothschild, il rouvre en 1984 après d’importants travaux menés par Von Roll. Depuis 2007, sa gestion est assurée par un groupement transfrontalier incluant Genève, Annemasse et Monnetier-Mornex.
La gare haute, classée Monument Historique en 2018 (à l’exclusion des parties post-1932), a subi une rénovation majeure entre 2021 et 2023. Ce chantier a permis de restaurer son architecture originale, incluant la création d’un restaurant panoramique à 360° dans la partie supérieure du bâtiment, comme l’avait initialement imaginé Braillard. Le téléphérique, exploité depuis 2013 par un consortium incluant RATP Dev et Poma, a rouvert en septembre 2023.
Dès les années 1930, la gare abritait un restaurant, théâtre d’un épisode marquant en janvier 1934 : une tempête bloqua 32 personnes pendant une nuit, la route des Treize Arbres devenant impraticable. Le site, symbole de coopération franco-suisse, incarne aussi l’évolution des loisirs alpins, mêlant patrimoine industriel, architecture moderne et enjeux transfrontaliers.
Le téléphérique du Salève s’inscrit dans une série d’infrastructures similaires construites dans les Alpes françaises durant l’entre-deux-guerres, comme ceux du Brévent (Chamonix) ou du Mont-Veyrier. Son histoire reflète les défis techniques, économiques et politiques liés à l’aménagement touristique des montagnes, entre innovation et préservation du patrimoine.