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Immeuble à Bordeaux en Gironde

Gironde

Immeuble

    26 Rue Ernest Renan
    33000 Bordeaux
Crédit photo : JohnNewton8 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1883
Échoppe surélevée d'un étage
15 mars 1899
Achat par Paul Berthelot
1902–1903
Voyage en Asie de Berthelot
1899–1908
Transformations majeures
8 juillet 1992
Classement partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; cage d'escalier avec sa rampe ; salon chinois ; salle de bains du premier étage ; ensemble des verrières ; totalité du décor intérieur (cad. LP 33) : inscription par arrêté du 8 juillet 1992

Personnages clés

Paul Berthelot - Propriétaire et mécène Journaliste, commanditaire des transformations.
Albert Tournier - Architecte Dirige les travaux (1899–1908).
Émile Brunet - Peintre Auteur des fresques et médaillons.
Félix Carme - Peintre décorateur Crée les compositions florales.
Jean-Léon Delmas - Verrrier Réalise les vitraux des bow-windows.

Origine et histoire

L’immeuble situé au 28 rue Ernest-Renan (anciennement rue Terre-Nègre) à Bordeaux est une échoppe transformée en maison bourgeoise entre 1899 et 1908. Acquise par Paul Berthelot, journaliste et critique d’art, elle subit des modifications majeures sous la direction de l’architecte Albert Tournier. Un second étage est ajouté, et la façade côté jardin est repensée avec des bow-windows ornés de vitraux signés Jean-Léon Delmas. L’intérieur, richement décoré, reflète l’influence des arts décoratifs et des voyages de Berthelot, notamment en Asie, comme en témoigne le salon chinois inspiré de son séjour à Hanoï (1902-1903).

Les décors intérieurs sont l’œuvre d’artistes locaux : Émile Brunet peint des fresques allégoriques dans l’escalier et des médaillons représentant des femmes, tandis que Félix Carme orne les murs de compositions florales, dont L’Été, une toile marouflée dans le salon. Les verrières, les céramiques polychromes et les ferronneries extérieures (balcons, gardes-corps) illustrent le mélange des styles Art Nouveau et Art Déco. La maison, bien que modeste en taille, se distingue par son escalier central éclairé par une verrière, ses peintures murales et son mobilier d’origine, aujourd’hui conservé par la ville de Bordeaux.

Classée partiellement aux monuments historiques en 1992, la maison protège ses façades, toitures, la cage d’escalier avec sa rampe en métal, le salon chinois, la salle de bains du premier étage, et l’intégralité des verrières et décors intérieurs. Son histoire reflète l’éclectisme artistique de Berthelot, mêlant influences orientales, motifs naturels et modernité architecturale. La sobriété de la façade sur rue contraste avec l’exubérance de celle sur jardin, révélant une volonté de discrétion urbaine tout en cultivant un intérieur raffiné.

Initialement conçue comme un lieu de réception (les chambres étant reléguées à l’étage), la maison incarne l’idéal de l’Art Nouveau : une harmonie entre art et nature, visible dans les motifs végétaux récurrents, les vitraux colorés et les peintures. Les sondages récents (2021) ont révélé que les fresques de l’escalier recouvraient une imitation de marbre, soulignant les transformations successives du bâtiment. Aujourd’hui, cet édifice témoigne du rôle de Bordeaux comme foyer artistique à la charnière des XIXe et XXe siècles.

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