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Aqueduc de Gier, section du Pont du Merdanson à Orliénas dans le Rhône

Rhône

Aqueduc de Gier, section du Pont du Merdanson

    186 Chemin des Pierres Blanches
    69530 Orliénas
Crédit photo : Arnaud Fafournoux - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1800
1900
2000
vers 110 ap. J.-C.
Construction sous Trajan
1887
Découverte de la Pierre de Chagnon
1908
Thèse de Germain de Montauzan
2009-2010
Restauration des arches de Chaponost
2018
Sélection au Loto du Patrimoine
7 mai 2021
Classement du Pont du Merdanson
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le segment de l'aqueduc situé au Violon longeant la départementale 36 E ou route du Violon, en totalité, sur la parcelle n° 117, la parcelle n° 118, la parcelle n° 385, la parcelle n° 121, la parcelle n° 123, la parcelle n° 124, la parcelle n° 571, figurant au cadastre section A : inscription par arrêté du 26 avril 2024

Personnages clés

Trajan - Empereur romain Règne durant la construction de l’aqueduc.
Hadrien - Empereur romain Auteur d’un édit de protection.
Germain de Montauzan - Archéologue Auteur d’une thèse fondatrice en 1908.
Paul de Gasparin - Ingénieur et archéologue Cartographie l’aqueduc en 1855.
Didier Repellin - Architecte en chef Dirige les restaurations modernes.
Pierre Sala - Antiquaire lyonnais Premières mentions écrites au XVIe siècle.

Origine et histoire

L’aqueduc du Gier, long de 86 km, est l’un des quatre aqueducs antiques desservant Lugdunum (Lyon). Il puise ses eaux dans la rivière Gier, affluent du Rhône, et est réputé pour être le mieux conservé. Sa construction, initialement attribuée à Claude ou Auguste, a été datée du règne de Trajan (vers 110 ap. J.-C.) grâce à des analyses dendrochronologiques sur les coffrages en bois du pont-siphon de Beaunant. L’ouvrage pourrait toutefois avoir été achevé sous Hadrien.

La section du Pont du Merdanson, située à Orliénas (Rhône), fait partie des vestiges protégés au titre des monuments historiques depuis 2021. Ce tronçon illustre les techniques romaines de construction, combinant tranchées couvertes, tunnels et ponts-aqueducs. L’aqueduc traversait 22 communes, avec des siphons spectaculaires comme celui de l’Yzeron, long de 2,6 km et doté de tuyaux de plomb résistants à une pression de 13 bars.

L’aqueduc a fait l’objet d’études approfondies dès le XVIe siècle par des érudits locaux comme Pierre Sala et Symphorien Champier. Au XIXe siècle, des archéologues comme Paul de Gasparin et Germain de Montauzan ont cartographié son tracé et analysé ses caractéristiques techniques. Des restaurations récentes, comme celles menées à Chaponost en 2009-2010, ont permis de préserver ses maçonneries en utilisant des techniques romaines authentiques.

Deux bornes de protection, la Pierre de Chagnon (1887) et la Pierre du Rieu (1996), attestent de réglementations antiques interdisant les cultures ou constructions à proximité de l’aqueduc pour en assurer la pérennité. Ces inscriptions, datées de l’époque d’Hadrien, reprennent une législation augustéenne visant à protéger les infrastructures hydrauliques.

Le Pont du Merdanson, classé en 2021, ne conserve aujourd’hui que sa dernière arche et quelques blocs épars. Ce site s’inscrit dans un ensemble plus large, incluant des réservoirs, des siphons et des tunnels, témoignant de l’ingénierie romaine. L’aqueduc du Gier, avec ses 15 000 m3/jour de débit estimé, était vital pour l’alimentation en eau de Lyon antique.

En 2018, l’aqueduc a bénéficié du Loto du Patrimoine, soulignant son importance historique et la nécessité de sa préservation. Les vestiges, bien que partiellement détruits, offrent un aperçu unique des techniques de construction romaine et de leur adaptation au relief du plateau lyonnais.

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