Frise chronologique
Paléolithique supérieur (Würm IV)
Occupation humaine
Occupation humaine
Paléolithique supérieur (Würm IV) (≈ 1505000 av. J.-C.)
Quatre stades du Magdalénien identifiés
Années 1860
Premières fouilles
Premières fouilles
Années 1860 (≈ 1860)
Menées par Édouard Lartet sans stratigraphie précise
Vers 1914-1918
Établissement de la stratigraphie
Établissement de la stratigraphie
Vers 1914-1918 (≈ 1916)
Quatre phases magdaléniennes distinguées
25 avril 1940
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
25 avril 1940 (≈ 1940)
Protection du gisement préhistorique
5 décembre 1977
Classement du site archéologique
Classement du site archéologique
5 décembre 1977 (≈ 1977)
Protection renforcée du patrimoine
1979
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
1979 (≈ 1979)
Patrimoine mondial avec la vallée de la Vézère
22 juin 2011
Acquisition par le département
Acquisition par le département
22 juin 2011 (≈ 2011)
Rachat par la Dordogne pour préservation
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le gisement préhistorique enclavé dans la propriété de l'Etat (cad. A 718, 711, 712, 703) : classement par décret du 12 avril 1927 - Les parties du gisement (cad. A 853) : classement par décret du 23 mars 1941
Personnages clés
| Édouard Lartet - Préhistorien |
Premières fouilles dans les années 1860 |
| Paul Hurault - Découvreur |
A trouvé la *Vénus impudique* vers 1864 |
| Louis Landesque - Archéologue |
Découvreur de la *Femme au renne* |
| Henri Breuil - Spécialiste de l'art préhistorique |
Étudia les œuvres magdaléniennes (1935) |
| Alain Roussot - Archéologue |
Analysa les lampes sculptées (1974) |
| Brigitte et Gilles Delluc - Chercheurs |
Étudièrent la *Femme au renne* (2002) |
Origine et histoire
Laugerie-Basse est un abri sous roche situé sur la commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, en Dordogne, sur la rive droite de la Vézère. Ce site préhistorique, occupé au Paléolithique supérieur, se compose de deux abris distincts : l'abri « classique » (fouillé intégralement et partiellement recouvert par des maisons troglodytes) et l'abri des Marseilles, situé 50 mètres en amont, dont une partie de la stratigraphie reste préservée sous des éboulis. Ce dernier est aujourd’hui accessible aux visiteurs. Le site a livré des objets emblématiques comme la Vénus impudique (statuette féminine à la tête brisée) et la Femme au renne, deux œuvres magdaléniennes majeures.
Les premières fouilles, menées dans les années 1860 par Édouard Lartet, n’ont pas documenté précisément la stratigraphie. Celle-ci fut établie vers la Première Guerre mondiale, révélant quatre phases du Magdalénien (stades III à VI) durant le Würm IV. Parmi les 600 objets découverts, ces œuvres d’art mobilier témoignent de la richesse culturelle des sociétés paléolithiques. Le site, classé monument historique en 1940 et acquis par le département de la Dordogne en 2011, est aussi protégé comme site archéologique (1977) et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, au titre des Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère.
En 2022, le site a attiré 58 000 visiteurs, en association avec la grotte du Grand Roc voisine. Sa localisation stratégique, à 2 km au nord-ouest du bourg des Eyzies et à proximité immédiate de la route D47, en fait un lieu clé pour comprendre l’occupation humaine préhistorique dans cette région. Les protections successives soulignent son importance scientifique et patrimoniale, tandis que les fouilles ultérieures (comme celles de Paul Hurault et Louis Landesque) ont permis d’enrichir les collections d’art paléolithique.
Les études publiées, notamment par Henri Breuil (1935) ou Alain Roussot (1974), ont analysé des objets spécifiques comme des lampes sculptées ou des représentations féminines, contribuant à la renommée du site. La Femme au renne, en particulier, a fait l’objet de controverses interprétatives, illustrées par les travaux de Brigitte et Gilles Delluc (2002). Ces recherches mettent en lumière le réalisme et la symbolique des œuvres magdaléniennes, tout en soulignant les défis posés par leur conservation et leur interprétation.