Frise chronologique
15 août 1961
Découverte de l'enfant néandertalien
Découverte de l'enfant néandertalien
15 août 1961 (≈ 1961)
Reste fossile exhumé dans les niveaux moustériens.
1953-1971
Fouilles de Jean Lafille
Fouilles de Jean Lafille
1953-1971 (≈ 1962)
Découverte des industries moustériennes et sépulture néandertalienne.
28 novembre 1989
Classement monument historique
Classement monument historique
28 novembre 1989 (≈ 1989)
Inscription du site par arrêté ministériel.
2004-2010
Nouvelles campagnes de fouilles
Nouvelles campagnes de fouilles
2004-2010 (≈ 2007)
Reprise des recherches par une équipe internationale.
2016
Candidature UNESCO
Candidature UNESCO
2016 (≈ 2016)
Intégration au projet de classement de la vallée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Gisement en grotte du Roc de Marsal (cad. B 48, 49, 52) : inscription par arrêté du 28 novembre 1989
Personnages clés
| Jean Lafille - Archéologue amateur et instituteur |
Fouilla le site de 1953 à 1971. |
Origine et histoire
Le Roc de Marsal est un abri sous roche du Paléolithique moyen, situé à Campagne, en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine). Ce site préhistorique, fouillé dès 1953 par l'instituteur et archéologue amateur Jean Lafille, a révélé en 1961 une sépulture exceptionnelle : les restes fossiles d'un enfant néandertalien, découverts dans des niveaux moustériens. Les fouilles, menées sur 27 m2 jusqu'en 1971, ont permis d'étudier l'évolution des industries lithiques (Moustérien de type Quina, Moustérien typique et à denticulés) durant la glaciation würmienne.
La grotte, de petites dimensions (9 m de profondeur, 5,50 m de large, 3 m de haut), s'ouvre à 180 m d'altitude dans les falaises calcaires de la vallée sèche de la Redonde, un affluent de la Vézère. Son plafond, marqué par une faille sud-ouest/nord-est, résulte de l'élargissement géologique de cette fracture. Le site, protégé depuis 1989 au titre des monuments historiques, s'inscrit dans un ensemble archéologique majeur, proche de grottes renommées comme Lascaux (28 km) ou les Eyzies-de-Tayac (6-8 km).
Après une pause de trente ans suivant la mort de Jean Lafille, de nouvelles campagnes de fouilles ont été conduites entre 2004 et 2010 par une équipe internationale (universités de Pennsylvanie, institut Max-Planck, musée national de Préhistoire des Eyzies). Ces recherches ont approfondi la compréhension des occupations humaines et des pratiques funéraires néandertaliennes. Le Roc de Marsal fait également partie du site classé de la vallée de la Vézère, candidate à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2016.
La géologie locale, marquée par l'anticlinal de Saint-Cyprien, a favorisé la formation de falaises en calcaire grainstone du Coniacien (Crétacé supérieur). Ces conditions ont préservé les vestiges archéologiques, dont des industries moustériennes et des traces d'habitat. La petite cavité adjacente, aujourd'hui obstruée, était probablement connectée à l'abri principal avant son effondrement, selon les observations de J. Bouchereau (1967).
Le site illustre l'interstratification des différentes faciès du Moustérien (Quina, typique, à denticulés) au cours du Würm, offrant un témoignage rare des adaptations culturelles néandertaliennes. La découverte de 1961, survenue le 15 août, a marqué un tournant dans l'étude des pratiques funéraires préhistoriques, confirmant l'enterrement intentionnel chez les Néandertaliens. Les autorités scientifiques, alertées par Lafille, ont supervisé le dégagement complet du squelette dans les semaines suivantes.
Propriété du département de la Dordogne, le Roc de Marsal est situé au lieu-dit 41 Jean de Negrot, dans un environnement riche en sites préhistoriques. Son inscription en 1989 couvre les parcelles cadastrales B 48, 49 et 52, tandis que sa localisation approximative (précision : 5/10) le place au cœur du Périgord noir, à 600 m en aval du bourg de Campagne, le long de la RD 703.