Frise chronologique
~20 000 ans avant présent
Datation des gravures solutréennes
Datation des gravures solutréennes
~20 000 ans avant présent (≈ 0)
Analyse au carbone 14 des œuvres.
1868-1880
Découverte et premières fouilles
Découverte et premières fouilles
1868-1880 (≈ 1874)
Jean Fermond découvre et fouille grossièrement la grotte.
1877-1888
Fouilles d'Arthur de Maret
Fouilles d'Arthur de Maret
1877-1888 (≈ 1883)
Découverte de niveaux moustériens et solutréens inconnus.
1902
Fouilles financées par l'AFAS
Fouilles financées par l'AFAS
1902 (≈ 1902)
Campagne archéologique supplémentaire.
1958 et 1987
Reprise des fouilles
Reprise des fouilles
1958 et 1987 (≈ 1987)
Abbé Jean Roche puis Louis Duport.
3 mars 1989
Classement monument historique
Classement monument historique
3 mars 1989 (≈ 1989)
Protection officielle du site.
1990
Découverte des gravures pariétales
Découverte des gravures pariétales
1990 (≈ 1990)
Frise solutréenne mise au jour par Duport.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Gisement et grottes constituant l'abri dit du Placard (cad. A 334, 336, 337) : classement par arrêté du 3 mars 1989
Personnages clés
| Jean Fermond - Découvreur du site |
Premières fouilles entre 1868 et 1880. |
| Abbé Bourgeois - Archéologue |
Fouilles dans les années 1870. |
| Abbé Delaunay - Archéologue |
Fouilles après le décès de Bourgeois. |
| Arthur de Maret - Archéologue |
Fouilles approfondies (1877-1888), découverte du Solutréen. |
| Henri Breuil - Préhistorien |
Définition des subdivisions du Paléolithique supérieur. |
| Louis Duport - Archéologue départemental |
Découverte des gravures en 1990. |
| Jean Clottes - Préhistorien |
Co-responsable des recherches post-1990. |
Origine et histoire
La grotte du Placard, située sur la rive gauche de la Tardoire à Vilhonneur (Charente), est une vaste cavité de 17 mètres de long, découverte dans les années 1868-1880 par Jean Fermond. Elle a été fouillée par plusieurs archéologues, dont les abbés Bourgeois et Delaunay, puis Arthur de Maret, qui y a identifié des niveaux moustériens, solutréens et magdaléniens, ainsi que des ossements néandertaliens et d’Homo sapiens portant des traces de pratiques funéraires.
Les fouilles ont révélé une stratigraphie complexe, avec des couches datant du Moustérien (Paléolithique moyen) au Magdalénien (Paléolithique supérieur). En 1990, des gravures pariétales solutréennes, incluant des représentations d’animaux (chevaux, bouquetins, antilopes saïgas) et des signes symboliques, ont été découvertes. Ces œuvres, datées d’environ 20 000 ans, attestent d’une expression artistique sophistiquée.
La grotte a livré un mobilier archéologique riche : outils en silex (pointes en feuille de laurier, grattoirs), objets en os et bois de renne (sagaies, propulseurs, parures), et des vestiges fauniques variés. Classée monument historique en 1989, elle est aujourd’hui accessible au public sous réservation, après des aménagements financés par le Département de la Charente.
Les découvertes du Placard ont joué un rôle clé dans les débats scientifiques du XIXe siècle, notamment sur l’existence de pratiques funéraires au Paléolithique. Les travaux de l’abbé Henri Breuil, basés en partie sur ce site, ont contribué à définir les subdivisions du Paléolithique supérieur lors du congrès de Genève en 1912.
Parmi les objets remarquables figurent une palmure de renne gravée de bovidés, des « signes de type Placard » (symboles en accolade) similaires à ceux trouvés dans d’autres grottes comme Pech Merle ou Cosquer, et des artefacts en matière dure animale, dont des bâtons sculptés interprétés comme des objets rituels. La grotte reste un référent pour l’étude du Solutréen et du Magdalénien en Europe.