Frise chronologique
vers -20 000 ans (Solutréen final)
Frise sculptée en 14 blocs
Frise sculptée en 14 blocs
vers -20 000 ans (Solutréen final) (≈ 0)
Représentations animales et humaine en ronde-bosse.
1907-1908
Découverte de la grotte du Roc
Découverte de la grotte du Roc
1907-1908 (≈ 1908)
Fouilles initiales par A. Favraud.
1923
Découverte d'une sépulture triple
Découverte d'une sépulture triple
1923 (≈ 1923)
Trois squelettes datés de l'âge du Bronze.
1927
Reprise des fouilles par Léon Henri-Martin
Reprise des fouilles par Léon Henri-Martin
1927 (≈ 1927)
Étude approfondie de la grotte du Roc.
20 juillet 1979
Classement monument historique
Classement monument historique
20 juillet 1979 (≈ 1979)
Protection officielle du gisement préhistorique.
mai 2015
Aménagement pour le public
Aménagement pour le public
mai 2015 (≈ 2015)
Création d'une plateforme et espace d'interprétation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Gisement préhistorique (cad. C 999) : classement par arrêté du 20 juillet 1979
Personnages clés
| A. Favraud - Archéologue |
Fouilles des grottes Est et du Roc (1908). |
| Léon Henri-Martin - Préhistorien |
Fouilles des grottes de la Fontaine (1909) et du Roc (1927). |
| Germaine Henri-Martin - Préhistorienne |
Fouille de contrôle en 1950. |
| Sophie Tymula - Chercheuse |
Corrélation stratigraphique des couches (XXe siècle). |
Origine et histoire
Le Roc-de-Sers est un ensemble archéologique majeur situé sur la commune de Sers, en Charente (Nouvelle-Aquitaine), à 15 km au sud-est d’Angoulême. Ce gisement, creusé dans une falaise calcaire de 20 mètres de haut par un affluent de l’Échelle, comprend quatre grottes : la grotte de la Fontaine, la grotte de la Vierge, la grotte du Roc et la grotte Est. Ces cavités ont livré des outils lithiques (feuilles de laurier, grattoirs, burins) et des objets en bois de renne (aiguilles, perçoirs, armatures de sagaie), témoignant d’une occupation humaine intense durant le Paléolithique supérieur, notamment durant les périodes aurignacienne, périgordienne et solutréenne.
La découverte la plus remarquable du site est une frise sculptée en 14 blocs, attribuée au Solutréen final (vers -20 000 ans), représentant des chevaux, bouquetins, un bison et une scène rare d’un humain poursuivi par un bœuf musqué. Ces blocs, initialement fixés à une paroi effondrée, combinent les techniques du champ-levé et de la ronde-bosse. Certains conservaient des traces de colorant. La frise originale est exposée au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, tandis qu’une reproduction est visible sur place. Le site a aussi livré des plaquettes gravées, des éléments de parure (pendeloques en calcaire, dents percées) et une sépulture triple de l’âge du Bronze (vers 3020 av. J.-C.), initialement confondue avec une tombe paléolithique.
Les fouilles, menées dès le XIXe siècle, se sont intensifiées au XXe siècle sous la direction de préhistoriens comme A. Favraud, Léon Henri-Martin (à partir de 1909 pour la grotte de la Fontaine et 1927 pour la grotte du Roc) et Germaine Henri-Martin (fouille de contrôle en 1950). Leurs travaux ont permis d’établir une stratigraphie détaillée : la couche 2 est solutréenne, la couche 3 paléolithique à feuilles de laurier, et la couche 4 correspond à de la terre végétale. Le site, classé monument historique en 1979, est aujourd’hui aménagé pour le public avec une plateforme d’interprétation et un accès libre. Il est notable pour avoir livré des restes d’antilope saïga (Saiga tatarica), une espèce rare dans les gisements préhistoriques français.
L’industrie lithique du Périgordien, particulièrement riche dans la grotte du Roc, inclut des pointes à crans, des grattoirs doubles et des outils en bois de renne décorés. La grotte de la Fontaine, fouillée par Thuret puis Léon Henri-Martin, a révélé des outils aurignaciens (grattoirs, burins, lamelles). La grotte Est, explorée par A. Favraud, a livré des pointes à dos rabattu. Ces découvertes illustrent la diversité des cultures matérielles qui se sont succédé sur ce site, depuis l’Aurignacien jusqu’au Solutréen, en passant par le Périgordien. Le Roc-de-Sers offre ainsi un témoignage exceptionnel de la vie et de l’art des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur en Aquitaine.
Devenir actuel
Depuis mai 2015, il a été aménagé pour le public avec plateforme et espace d'interprétation ; il est en accès libre. Une reproduction de la frise est exposée.