Frise chronologique
1908
Découverte du squelette néandertalien
Découverte du squelette néandertalien
1908 (≈ 1908)
Trouvaille par les frères Bouyssonie dans la grotte.
1911
Étude de Marcellin Boule
Étude de Marcellin Boule
1911 (≈ 1911)
Première analyse scientifique du squelette.
1981
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1981 (≈ 1981)
Protection officielle du gisement.
1984-1985
Réévaluation par Jean-Louis Heim
Réévaluation par Jean-Louis Heim
1984-1985 (≈ 1985)
Nouvelle interprétation anatomique du squelette.
2025
Ouverture du musée dédié
Ouverture du musée dédié
2025 (≈ 2025)
Intégration du site au parcours muséal.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Gisement préhistorique Bouffia Bonneval (cad. AC 44) : inscription par arrêté du 11 mars 1981
Personnages clés
| Amédée, Jean et Paul Bouyssonie - Découvreurs du squelette |
Frères archéologues ayant fouillé la grotte. |
| Marcellin Boule - Paléoanthropologue |
Auteur de la première étude du squelette. |
| Jean-Louis Heim - Paléoanthropologue |
A révisé les conclusions de Boule. |
| Émile Cartailhac - Préhistorien |
Consulté après la découverte en 1908. |
| Henri Breuil - Préhistorien |
Expert sollicité pour analyser la trouvaille. |
Origine et histoire
Le gisement préhistorique Bouffia Bonneval, situé à La Chapelle-aux-Saints en Corrèze, est un site clé du Paléolithique moyen. Il est mondialement connu pour la découverte en 1908 du squelette néandertalien « La Chapelle-aux-Saints 1 », l’un des plus complets jamais trouvés en France. Ce spécimen, daté d’environ 60 000 ans, fut exhumé par les frères Bouyssonie dans une petite grotte, révélant une sépulture intentionnelle, l’une des plus anciennes d’Europe.
La découverte fut réalisée lors de fouilles menées par Amédée, Jean et Paul Bouyssonie, qui identifièrent une tombe contenant un individu en position fœtale, accompagné d’outils moustériens et de restes de faune (bison, renne). Le squelette, étudié par Marcellin Boule, fut initialement interprété comme celui d’un être primitif et courbé, une vision révisée ultérieurement par des analyses montrant une posture proche de celle des humains modernes.
Les outils en silex retrouvés sur le site proviennent de gisements distants (jusqu’à 100 km), attestant des déplacements des Néandertaliens entre le Quercy et le Périgord. La faune associée (mammouths, rhinocéros laineux) révèle un climat froid et sec, typique d’une steppe arctique. Le squelette, marqué par une arthrite sévère et des traumatismes, suggère une longue survie malgré des handicaps, alimentant le débat sur l’altruisme néandertalien.
Le site, classé Monument Historique en 1981, est aujourd’hui intégré au musée « Néandertal, l’homme de La Chapelle-aux-Saints ». Les fouilles et études ultérieures (notamment par Jean-Louis Heim en 1984) ont permis de réévaluer l’anatomie et le mode de vie des Néandertaliens, tout en confirmant l’importance scientifique du gisement pour comprendre cette espèce disparue.
Les controverses persistent quant à l’intentionnalité de la sépulture. Certaines études (comme celle de Rendu et al., 2013) soutiennent un enterrement délibéré, tandis que d’autres (Dibble et al., 2015) remettent en cause cette interprétation. Le site reste un symbole des débats sur l’humanité des Néandertaliens, entre comportements culturels et adaptations biologiques.