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Gisement préhistorique de Laussel à Marquay en Dordogne

Patrimoine classé Sites archéologique Gisement préhistorique

Gisement préhistorique de Laussel à Marquay

    D48
    24620 Marquay
Propriété d'une société privée
Crédit photo : photo 120, œuvre dont l'auteur est mort depuis env - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1800
1900
2000
22 000 ans AP
Datation estimée de la Vénus à la corne
1894
Première reconnaissance du site
1908-1914
Fouilles de Lalanne et Peyrille
1911-1912
Découverte des œuvres majeures
1946
Publication de l’inventaire Bouyssonie-Lalanne
27 février 2007
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le gisement préhistorique (cad. AV 20) : inscription par arrêté du 27 février 2007

Personnages clés

Émile Rivière - Préhistorien Premier à reconnaître le site en 1894.
Jean-Gaston Lalanne - Fouilleur et collectionneur Dirige les fouilles (1908-1914) et classe le mobilier.
Henri Breuil - Spécialiste d’art préhistorique Date les sculptures du Gravettien en 1914.
Jean Bouyssonie - Paléontologue et inventeur Publie l’inventaire définitif en 1946.
Raymond Peyrille - Chef de chantier des fouilles Collabore avec Lalanne sur le terrain.
Alain Roussot - Chercheur en préhistoire Reçoit les manuscrits de Bouyssonie en 1965.

Origine et histoire

L’abri de Laussel, ou Grand abri de Laussel, est un site préhistorique situé sur la commune de Marquay, en Dordogne (Périgord noir), dans la région Nouvelle-Aquitaine. Ce surplomb rocheux, orienté sud et long de 115 mètres, a livré cinq blocs sculptés emblématiques, dont la Vénus à la corne (Gravettien, ~22 000 ans AP), ainsi que des représentations comme le Chasseur ou la Vénus de Berlin. Les fouilles, initiées en 1894 par Émile Rivière, ont révélé des occupations du Moustérien au Solutréen, avec des traces d’ocre et d’art mobilier.

Le site a été fouillé systématiquement entre 1908 et 1914 par Jean-Gaston Lalanne et son équipe, incluant Raymond Peyrille. Les collections, étudiées par Henri Breuil et Jean Bouyssonie, ont été dispersées après 1946 entre le musée d’Aquitaine (Bordeaux), le musée de l’Homme (Paris), et l’Ermitage (Saint-Pétersbourg) pour la Vénus de Berlin. Les blocs sculptés, découverts entre 1911 et 1912, étaient regroupés dans une zone est de l’abri, suggérant un espace ritualisé.

L’abri de Laussel illustre les techniques artistiques du Paléolithique supérieur, avec des sculptures exploitant les reliefs naturels de la roche. Les datations varient selon les auteurs : Breuil et Delluc (1992) proposent le Gravettien, tandis que Peyrony et Laming-Emperaire penchent pour l’Aurignacien. Le site, menacé par l’érosion (effondrements documentés en 1985), a été inscrit comme monument historique en 2007. Son environnement géologique (calcaire coniacien) et son exposition solaire ont favorisé sa formation et son occupation précoce.

Outre les œuvres majeures, l’abri a livré des outils (pilons, perçoirs) et des traces d’ocre rouge, indiquant des pratiques symboliques ou décoratives. Le Petit abri voisin, occupé simultanément, n’a pas révélé d’art mobilier. Les collections de Lalanne, données au musée d’Aquitaine en 1961, complètent les archives dispersées, tandis que des blocs comme le Priape de Laussel soulignent la diversité thématique (fertilité, chasse) de l’art gravettien.

Le site s’inscrit dans un réseau de gisements préhistoriques du Périgord (Castanet, Commarque), partageant des motifs comme les cupules en empreintes d’animaux ou les silhouettes de mammouths. Son étude a impliqué des figures clés de la préhistoire française, dont Bouyssonie, dont les inventaires manuscrits (transmis à Alain Roussot) restent une référence pour l’industrie lithique locale.

Liens externes