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Gisement préhistorique du Pech de l'Azé à Carsac-Aillac en Dordogne

Gisement préhistorique du Pech de l'Azé

    367 Impasse de la Plane
    24200 Carsac-Aillac
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1816
Découverte de Pech I
1927
Classement Monument historique
1949
Découverte de Pech II
1954
Définition des 10 niveaux archéologiques
1975
Définition de l'Asinipodien
2004-2005
Nouvelle campagne de fouilles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le gisement préhistorique (cad. D 121, 850) : classement par arrêté du 28 mai 1927

Personnages clés

François Jouannet - Découvreur Identifie Pech I en 1816.
François Bordes - Archéologue Fouilles et définition du MTA et de l'Asinipodien.
Maurice Bourgon - Archéologue Collabore avec Bordes sur Pech I et II.
Marie Soressi - Préhistorienne Études récentes sur les matériaux des fouilles.
Jean-Pierre Texier - Géologue Analyse des phases géologiques de Pech II.

Origine et histoire

Le gisement préhistorique du Pech de l'Azé, situé sur la commune de Carsac-Aillac en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), est un ensemble de cinq grottes (Pech I à V) creusées dans la vallée de l'Énéa, un affluent de la Dordogne. Découvert en 1816 par François Jouannet, le site devient rapidement une référence pour l'étude du Paléolithique moyen, notamment grâce aux fouilles menées par des figures comme l'abbé Audierne (1828), É. Lartet et H. Christy (1864), puis François Bordes et Maurice Bourgon au XXe siècle. Classé Monument historique en 1927, il a révélé des vestiges néandertaliens, dont un crâne d’enfant daté entre 41 000 et 51 000 ans, ainsi que des outils caractéristiques du Moustérien de tradition acheuléenne (MTA).

Les fouilles successives, notamment celles de François Bordes (1954, 1970-1971), ont permis de définir 10 niveaux archéologiques dans Pech I, tandis que Pech II, découvert en 1949, a livré des sédiments datant du Riss et du Würm I. Les analyses géologiques de Jean-Pierre Texier (2006) ont identifié sept phases d’évolution du site, liées aux variations climatiques du Quaternaire. Les découvertes incluent des foyers « à queue », des pigments de dioxyde de manganèse utilisés pour teindre des peaux, et un os gravé initialement interprété comme une œuvre artistique, mais finalement attribué à des sillons vasculaires naturels.

Le site a également été marqué par des controverses scientifiques, comme les datations contradictoires des couches de Pech II (Grün & Stringer, 1991) remettant en cause les interprétations de Bordes et Laville. En 1999, Marie Soressi et son équipe ont repris l’étude des matériaux des fouilles de 1970-1971, complétées par de nouvelles investigations en 2004-2005. Ces travaux ont confirmé l’importance du Pech de l'Azé pour comprendre les comportements symboliques des Néandertaliens, bien avant l’arrivée d’Homo sapiens en Europe. Aujourd’hui, le gisement est protégé par une grille et un abri en bois pour préserver les vestiges des intempéries et des intrusions.

Les grottes du Pech de l'Azé occupent une position géologique stratégique, en bordure est du bassin aquitain, entre les formations crétacées du Périgord et les plateaux jurassiques du Quercy. Leur proximité avec d’autres sites majeurs, comme la grotte du Roc de Combe (Lot), souligne leur rôle clé dans les réseaux de peuplement préhistoriques. Les études récentes, comme celles de Daniel Richter (2017), continuent d’affiner la chronologie des occupations humaines, notamment pour la variante rare de l’Asinipodien (82 000 à 70 000 ans) identifiée par Bordes.

Le site se distingue aussi par la richesse de ses vestiges matériels : plus de 250 blocs de pigments à Pech I, des outils en silex taillé, et des restes fauniques associées aux occupations humaines. Les foyers intérieurs, parfois situés profondément dans les grottes, révèlent des adaptations aux conditions climatiques rigoureuses du Pléistocène. Enfin, les protections mises en place en 2000 (grille) et 2005 (abri) illustrent les efforts pour conserver ce patrimoine exceptionnel, tout en permettant aux chercheurs d’approfondir leur compréhension des modes de vie néandertaliens dans le Sud-Ouest de la France.

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