Première mention de Saint-Étienne-de-Furan Vers l’an mil (≈ 50)
Église primitive citée dans l’archiprêtré de Jarez.
1173
Permutation Forez-Lyonnais
Permutation Forez-Lyonnais 1173 (≈ 1173)
Pacification de la région après le conflit.
1310
Legs de Jocerand d’Urgel
Legs de Jocerand d’Urgel 1310 (≈ 1310)
Donation pour la reconstruction de l’église.
1450–1480
Construction de la Grand’Église
Construction de la Grand’Église 1450–1480 (≈ 1465)
Style gothique forézien, double vocable.
1562–1598
Guerres de Religion
Guerres de Religion 1562–1598 (≈ 1580)
Pillages et dégradations de l’édifice.
1793–1795
Utilisation comme forge révolutionnaire
Utilisation comme forge révolutionnaire 1793–1795 (≈ 1794)
Fabrication d’armes, puis rétablissement du culte.
29 décembre 1949
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 29 décembre 1949 (≈ 1949)
Protection de l’édifice (sauf partie haute du clocher).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grand'Eglise ou Eglise Saint-Etienne, sauf partie haute moderne du clocher : inscription par arrêté du 29 décembre 1949
Personnages clés
Jocerand d’Urgel - Seigneur de Saint-Priest-en-Jarez
Finance la reconstruction en 1310.
Pierre-Antoine Dalgabio - Architecte voyer
Rétablit l’église comme lieu de culte en 1795.
Origine et histoire de la Grand'Église
La Grand'Église, ou église Saint-Étienne-et-Saint-Laurent, est un édifice religieux gothique construit entre 1450 et 1480 dans le centre historique de Saint-Étienne (Loire, Auvergne-Rhône-Alpes). Bâtie en grès houiller, elle remplace une chapelle primitive mentionnée dès l’an mil sous le nom de Saint-Étienne-de-Furan, dont l’emplacement exact reste incertain. Son double vocable honore les martyrs saint Étienne (patron de la ville) et saint Laurent. Le chœur, reconstruit avant 1486 en style gothique flamboyant, succède à une structure en ruine en 1469. Le plan en croix latine comprend une nef centrale de cinq travées, des bas-côtés avec chapelles latérales, et un transept non débordant.
Les sources antérieures au XVe siècle sont rares en raison de la destruction des archives stéphanoises pendant la guerre de Cent Ans (1359–1362). Un legs de 1310 par Jocerand d’Urgel, seigneur de Saint-Priest-en-Jarez, finance déjà un projet de reconstruction, suggérant une volonté ancienne d’agrandir l’édifice. La paroisse, vaste et stratégique, s’étendait autrefois des sources du Furan à Saint-Priest-en-Jarez, dans une zone pacifiée après le conflit opposant le comte de Forez à l’archevêque de Lyon (1030–1173). À l’origine sous le patronage des seigneurs de Saint-Priest, elle passe sous l’influence de l’Église de Lyon après la permutation de 1173.
L’église subit des pillages et mutilations lors des guerres de Religion (1562–1598), puis pendant la Révolution, où elle est transformée en atelier de forge pour fabriquer des armes. Rétablie comme lieu de culte en 1795 par l’architecte Pierre-Antoine Dalgabio, elle accueille un orgue en 1844 et voit son entrée latérale dotée d’un perron en 1853, après la construction du presbytère sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Son clocher (partiellement moderne) et sa structure en piliers polylobés ornés de sculptures (têtes humaines ou animales) illustrent son style gothique forézien. Classée Monument Historique en 1949, elle reste un symbole du patrimoine stéphanois.
Les chapelles latérales sont ajoutées progressivement, la première datant de 1619, après la démolition de l’enceinte nord qui empêchait initialement leur construction. Le matériau utilisé, le grès houiller, peu résistant aux intempéries, donne aujourd’hui à la façade un aspect « galet » caractéristique. L’édifice, propriété de la commune, conserve des traces de ses usages passés, comme les culots sculptés des croisées d’ogives ou les motifs géométriques des piliers octogonaux.