Frise chronologique
1910
Lancement du projet
Lancement du projet
1910 (≈ 1910)
Première pierre posée le 28 août.
28 juillet 1913
Inauguration
Inauguration
28 juillet 1913 (≈ 1913)
Ouverture officielle avec 200 chambres.
1914-1918
Fermeture pendant la Grande Guerre
Fermeture pendant la Grande Guerre
1914-1918 (≈ 1916)
Réouverture en juin 1918.
1939
Seconde fermeture
Seconde fermeture
1939 (≈ 1939)
Début de la Seconde Guerre mondiale.
1975
Fin de l’activité hôtelière
Fin de l’activité hôtelière
1975 (≈ 1975)
Transformation en résidences privées.
30 mai 1988
Classement monument historique
Classement monument historique
30 mai 1988 (≈ 1988)
Façades, toiture et cage d’escalier protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; cage d'escalier et ses éléments de décor, y compris les torchères de la terrasse (cad. AE 27) : inscription par arrêté du 30 mai 1988
Personnages clés
| Albert Lafargue - Initiateur du projet |
Professeur perpignanais à l’origine du palace. |
| Henri Martin - Architecte principal |
Conçoit le bâtiment en style Art nouveau. |
| Louis Trinquesse - Architecte associé |
Collabore à la conception du Grand Hôtel. |
| Jean-Raoul Paul - Dirigeant de la Société des chemins de fer |
Relance les travaux en 1911. |
| Salvador Dalí - Artiste invité |
S’inspire du lieu pour un tableau (1938). |
| Pablo Picasso - Client célèbre |
Fréquente l’hôtel dans les années 1920. |
Origine et histoire
Le Grand Hôtel de Font-Romeu fut imaginé en 1910 par Albert Lafargue, un professeur perpignanais, comme un palace et casino dans la forêt de la Calme. Associé à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, il lance une Société Anonyme pour financer le projet. Les architectes parisiens Louis Trinquesse et Henri Martin conçoivent un bâtiment Art nouveau en granit, inauguré le 28 juillet 1913 après trois ans de travaux. Doté de 200 chambres luxueuses, l’hôtel propose des équipements révolutionnaires : télégraphe, téléphone, station radio, ainsi que des infrastructures sportives (tennis, golf, patinoire) et un casino avec salle de baccara.
Surnommé le Paquebot des Cimes, l’hôtel attire une clientèle internationale (famille royale espagnole, prince de Monaco, Picasso, Dalí) et contribue à faire de Font-Romeu la plus grande station climatique d’Europe. Son succès est interrompu par les deux guerres mondiales (fermetures en 1914-1918 et 1939-1945). Après 1945, la jet-set déserte progressivement l’établissement, conduisant à sa vente partielle dans les années 1950. En 1975, il cesse toute activité hôtelière pour devenir une résidence d’appartements privés.
Les façades, la toiture et la cage d’escalier monumentale, ornées de décors Art nouveau et de céramiques, sont classées monuments historiques en 1988. Depuis 1988, l’association Les Amis du Grand Hôtel œuvre pour préserver ce patrimoine, organisant des événements comme la Journée Art déco (depuis 2017) et des visites guidées. Le bâtiment symbolise l’âge d’or du tourisme pyrénéen, mêlant luxe, innovation technique et architecture audacieuse.
L’hôtel a inspiré des œuvres culturelles, comme le roman Croix de sang au Grand Hôtel (2006) ou le tableau de Dalí Philosopher illuminated by the light of the moon (1938). Son histoire reflète les bouleversements du XXe siècle, entre fastes touristiques, guerres et reconversion patrimoniale. Les réverbères en fonte de la terrasse et les torchères de la cage d’escalier témoignent encore de son faste passé.