Origine et histoire du Grand temple
Le Grand Temple protestant de Lyon, aussi appelé temple des Brotteaux, fut construit entre 1872 et 1884 dans le 3e arrondissement, sur les plans de l’architecte Gaspard André. Ce projet naît de la nécessité d’accueillir une communauté protestante en croissance, renforcée par l’afflux de réfugiés alsaciens-lorrains après la guerre de 1870. Le terrain, acheté aux Hospices civils de Lyon en 1872, voit s’élever un édifice financé conjointement par la Ville (150 000 francs), l’État (20 000 F) et la communauté protestante (311 000 F). Le temple, inauguré le 1er mai 1884, intègre aussi une école, des logements et un vestiaire pour les indigents.
La façade principale, concave et de style néo-byzantin, présente une frise sculptée de vignes et un bas-relief représentant une Bible ouverte, ornée de citations bibliques. L’intérieur adopte un plan en croix grecque, avec une coupole vitrée et des tribunes. L’orgue, construit par Joseph Merklin en 1884, marque une innovation technique avec sa transmission électro-pneumatique. Un incendie en 1922 endommage gravement le bâtiment, nécessitant des restaurations majeures, notamment pour les boiseries, vitrages et l’orgue, reconstruit en 1923-1924.
Le temple abrite également la Bibliothèque populaire protestante, fondée en 1830 et transférée sur place en 1884. Cette bibliothèque, initialement située au temple du Change, reflète l’engagement social du protestantisme lyonnais. Classé monument historique en 2011, le Grand Temple reste un lieu actif de culte, de concerts et de conférences. Sa restauration, achevée en 2012, a permis de réouvrir ses espaces, dont la bibliothèque, accessible lors des Journées du patrimoine.
L’architecture du temple mêle influences orientales et symboles protestants, comme l’Alpha et l’Oméga ou les citations des Évangiles. Le bâtiment, propriété d’une association cultuelle, illustre aussi l’histoire du régime concordataire avant la loi de 1905. Aujourd’hui, il accueille les activités de l’Église protestante unie de France, issue de la fusion des Églises réformée et luthérienne en 2013.
Les façades, secondaires et principales, révèlent une asymétrie stylistique : la première, sobre, donne sur le cours de la Liberté, tandis que la seconde, monumentale, domine le quai Victor-Augagneur. À l’intérieur, les murs portent les noms des apôtres et des versets, soulignant la vocation spirituelle et pédagogique du lieu. Les travaux de 2012 ont préservé ces éléments, tout en modernisant les infrastructures, comme l’ajout d’une console numérique pour l’orgue en 2002.