Origine et histoire de la Grande Écurie
La Grande Écurie de Versailles, construite entre 1679 et 1682 sous la direction de l’architecte Jules Hardouin-Mansart, faisait partie des Écuries royales avec la Petite Écurie. Située sur la place d’Armes, elle abritait les chevaux de chasse et de guerre du roi, ainsi qu’un manège et l’école des pages réservée à la noblesse militaire. Son organisation reflétait la hiérarchie de la cour, avec le Grand écuyer de France à sa tête.
Sous l’Ancien Régime, la Grande Écurie était un lieu prestigieux où se formaient les jeunes nobles, admis sur preuve de noblesse remontant à 1550. Elle abritait aussi l’École de Versailles, berceau de l’équitation savante française (1680–1830). Plusieurs écuyers marquants, comme les frères d’Abzac, y exercèrent. Après la Révolution, l’emblème royal du fronton fut supprimé (1793–1794), et le bâtiment fut occupé par l’armée à partir de 1854.
Classée Monument historique en 1913 pour ses façades et grilles, la Grande Écurie connut des usages variés : occupation par la Wehrmacht en 1940, installation d’un poste de DCA par la Luftwaffe en 1943, puis siège de l’état-major de la 2e division blindée (1979–1998). Aujourd’hui, elle abrite la Galerie des Carrosses (réouverte en 2016), l’Académie du spectacle équestre de Bartabas (depuis 2003), et le campus des métiers d’art « Patrimoine & Artisanat d’excellence » (2021).
Architecturalement, le bâtiment s’organise autour de cinq cours, avec une colonnade en hémicycle et des ailes symétriques. Le manège rectangulaire, transformé en théâtre, illustre son lien avec l’équitation. Les façades en pierre et brique, les sculptures du portail, et les lucarnes des combles en font un exemple remarquable du classicisme français. La musique de la Grande Écurie, avec ses corps de trompettes et hautbois, joua un rôle clé dans les cérémonies royales jusqu’au XVIIIe siècle.
La Grande Écurie symbolise aussi l’évolution des arts équestres et musicaux sous Louis XIV. Ses musiciens, issus de dynasties comme les Hotteterre ou les Philidor, contribuèrent à moderniser les instruments à vent. Le site, aujourd’hui intégré au Domaine national de Versailles, allie patrimoine historique et activités culturelles, comme le jumping international organisé en 2017.