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Grande Synagogue de la Victoire à Paris

Patrimoine classé Patrimoine Juif Synagogue

Grande Synagogue de la Victoire à Paris

    44 Rue de la Victoire
    75009 Paris

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1800
1900
2000
2-3 octobre 1941
Attentat à la bombe
1867
Début des travaux
1874
Inauguration
1890
Mariage d'Alfred Dreyfus
1942
Profanation du tabernacle
1967
Fin des rénovations
11 décembre 1987
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Alfred-Philibert Aldrophe - Architecte Concepteur du bâtiment en style néo-byzantin.
Gustave de Rothschild - Principal souscripteur Finança majoritairement la construction.
Zadoc Kahn - Grand rabbin de France Officia le mariage de Dreyfus.
Alfred Dreyfus - Officier français S’y maria en 1890.
Theodor Herzl - Journaliste et père du sionisme Fréquenta la synagogue dans les années 1890.
Joseph Sitruk - Grand rabbin de France Y donna des conférences hebdomadaires.
Gilles Bernheim - Grand rabbin de France Y officia avant et pendant son mandat.

Origine et histoire

La Grande Synagogue de la Victoire, située au 44 rue de la Victoire dans le 9e arrondissement de Paris, fut construite pour répondre à l’essor démographique de la communauté juive parisienne, passée de 12 000 à 25 000 membres sous le Second Empire. Le projet, financé par souscription avec Gustave de Rothschild comme principal donateur, bénéficia d’un terrain offert par la ville de Paris. L’architecte Alfred-Philibert Aldrophe, également concepteur des synagogues de Versailles et d’Enghien-les-Bains, lui donna un style néo-byzantin. Les travaux débutèrent en 1867, et l’édifice fut inauguré en 1874 avant d’ouvrir au culte en 1875.

La synagogue devint un lieu emblématique de la vie juive parisienne et un témoin d’événements historiques majeurs. En 1890, Alfred Dreyfus y épousa Lucie Hadamard sous l’office du grand rabbin Zadoc Kahn, figure du camp dreyfusard. Theodor Herzl, alors journaliste viennois en poste à Paris, y assista régulièrement entre 1891 et 1896, période où il développait ses idées sionistes. En 1896, une cérémonie y fut organisée en l’honneur du tsar Nicolas II, en visite en France, avec un discours prononcé par Zadoc Kahn.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la synagogue subit plusieurs attaques. En octobre 1941, une bombe explosa dans l’édifice lors d’une série d’attentats antisémite perpétrés par le Mouvement social révolutionnaire. En 1942, des miliciens profanèrent son tabernacle, et en 1943, la Gestapo organisa un contrôle d’identité à la sortie d’un office, forçant les dirigeants communautaires à cacher des fidèles en situation irrégulière. Après-guerre, une rénovation fut entreprise, achevée seulement en 1967. Classée monument historique en 1987, elle reste un symbole de la résilience et de la vie juive en France.

L’architecture de la synagogue se distingue par sa façade de 36 mètres de haut et ses 1 800 places assises. Des inscriptions en hébreu, tirées des Livres d’Isaïe et de la Genèse, ornent la façade, tandis qu’à l’intérieur, des versets en français et des vitraux représentant les douze tribus d’Israël complètent le décor. Le chœur, séparé par une balustrade, est surmonté d’une phrase en hébreu : « L’Éternel est ma bannière ». La synagogue accueille toujours des cérémonies majeures, comme l’hommage annuel aux Martyrs de la Déportation, retransmis à la télévision.

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