Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Grange de Grandmesnil à Campremy dans l'Oise

Patrimoine classé Patrimoine rural Grange

Grange de Grandmesnil à Campremy

    Le Bourg
    60480 Campremy
Propriété privée
Grange de Grandmesnil à Campremy
Grange de Grandmesnil à Campremy
Crédit photo : Vinckie - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1142
Fondation de la grange
1256
Fin des extensions
1er quart XIIIe siècle
Construction de la grange
1492
Premier bail conservé
1790
Vente comme bien national
1988
Inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grange de Grandmesnil (cad. C 55, 108) : inscription par arrêté du 30 mai 1988

Personnages clés

Odon de Grandmesnil - Seigneur et donateur Fonda la grange en 1142
Aymon Fajet - Donateur Contribua à l’extension du domaine
Foulques du Quesnel - Donateur en 1186 Offrit des terres avec redevances
Alexandre III - Pape Confirma les biens de Froidmont en 1164

Origine et histoire

La grange de Grandmesnil est une ancienne grange cistercienne située à Campremy, dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France. Construite au 1er quart du XIIIe siècle, elle dépendait de l'abbaye de Froidmont, elle-même affiliée à Ourscamp. Cet édifice, inscrit aux monuments historiques depuis 1988, se trouve dans le hameau de Grandmesnil, au sein d’une exploitation agricole. Son implantation sur le plateau picard, à 144 mètres d’altitude, et à proximité de la chaussée Brunehaut, ancienne voie romaine, souligne son rôle stratégique dans l’organisation des terres monastiques.

Le nom Grandmesnil évoque une exploitation agricole isolée, déjà présente avant l’arrivée des moines. Le site était probablement occupé dès l’époque gallo-romaine, comme en témoignent les villas découvertes à proximité et les médailles antiques retrouvées. La grange fut fondée en 1142 après la donation d’Odon de Grandmesnil, seigneur local, qui offrit ses terres à l’abbaye de Froidmont. Les cisterciens y développèrent une ferme modèle, étendant progressivement leur domaine grâce à des dons successifs jusqu’en 1256.

La grange fonctionnait comme un centre agricole majeur, élevant bovins, ovins et porcins, et produisant des céréales comme le blé et les pois. En 1256, elle abritait 23 chevaux, 37 vaches et 680 brebis, illustrant son importance économique. Les redevances en nature (blé, agneaux, cire) et les baux ultérieurs, comme celui de 1492, montrent une gestion rigoureuse. L’édifice, de 56 mètres de long, se distingue par ses trois nefs parallèles, ses arcades en pierre jaunâtre et calcaire, et une charpente unique dans la région.

Architecturalement, la grange combine solidité et économie de moyens, avec des piliers carrés sans chapiteaux et des murs gouttereaux bas. Les ouvertures des bas-côtés, rares pour l’époque, facilitaient la circulation. À proximité, une chapelle du XVe siècle et des bâtiments annexes en craie blanche complétaient l’ensemble. Vendue comme bien national en 1790, la ferme couvrait alors 350 hectares. Aujourd’hui, elle reste un témoignage exceptionnel de l’agriculture monastique médiévale et de son héritage architectural.

Le site s’inscrit dans un réseau dense de granges cisterciennes, comme celles de Gouy ou Troussures, reflétant le défrichement et la mise en valeur des terres par les moines. La toponymie locale (franches terres, bois de Grandmesnil) rappelle ces aménagements anciens. La grange, bien que partiellement remaniée, conserve son pignon est d’origine et une structure interne remarquable, classée pour sa valeur patrimoniale et historique.

Liens externes