Frise chronologique
1140
Fondation de l'ermitage
Fondation de l'ermitage
1140 (≈ 1140)
Ascelin de Marly fonde l'ermitage d'Hérivaux.
1160
Érection en abbaye
Érection en abbaye
1160 (≈ 1160)
Maurice de Sully transforme l'ermitage en abbaye augustinienne.
1187
Première mention de la grange
Première mention de la grange
1187 (≈ 1187)
La grange est attestée dans les textes.
1632
Incendie dévastateur
Incendie dévastateur
1632 (≈ 1632)
Les bâtiments abbatiaux sont gravement endommagés.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
L'abbaye est vendue après la Révolution.
1998
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1998 (≈ 1998)
La grange est protégée par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grange, en totalité (cad. E 38) : inscription par arrêté du 7 janvier 1998
Personnages clés
| Ascelin de Marly - Fondateur et ermite |
Créa l'ermitage en 1140 sur ses terres. |
| Maurice de Sully - Évêque de Paris |
Finança l'abbaye et son rattachement aux Augustins. |
| François Molé - Abbé commendataire |
Gestion désastreuse (1647-1712) de l'abbaye. |
| Benjamin Constant - Propriétaire révolutionnaire |
Acheta et démolit partiellement l'abbaye en 1795. |
| Georges Mauboussin - Propriétaire entre-deux-guerres |
Restaura la ferme et ajusta des ailes. |
| Paul Ruaud - Architecte |
Conçut les extensions pour Mauboussin. |
Origine et histoire
La grange de la ferme d'Hérivaux, située à Luzarches dans le Val-d'Oise, date du 4e quart du XIIe siècle. Elle appartenait à l'abbaye d'Hérivaux, fondée en 1140 par Ascelin, seigneur de Marly-la-Ville, sur un terrain cédé par les comtes de Beaumont et Clermont. L'ermitage initial devint une abbaye augustinienne en 1160 sous l'impulsion de Maurice de Sully, évêque de Paris, qui finança l'église et le cloître. La grange, attestée dès 1187, illustre l'importance agricole du domaine, avec une structure à trois vaisseaux typique des granges agro-pastorales.
L'abbaye prospéra grâce à des donations et revenus issus de cures et prieurés en Île-de-France. Au XIIIe siècle, Hérivaux devint une paroisse, mais déclina progressivement. En 1632, un incendie endommagea gravement les bâtiments, nécessitant des réparations jusqu'en 1634. La réforme des Augustins en 1639, menée par le père Faure, tenta de redresser la situation, mais la mauvaise gestion de l'abbé François Molé (1647-1712) aggrava les dégradations, réduisant la communauté à une poignée de moines.
La Révolution française marqua un tournant : l'abbaye, vendue comme bien national en 1791, fut acquise par Benjamin Constant en 1795. Ce dernier fit démolir la plupart des bâtiments, épargnant seulement la ferme et son pavillon. La grange, dissociée de l'abbaye, fut préservée et classée Monument Historique en 1998. Aujourd'hui, elle subsiste comme témoin de l'architecture médiévale, entourée de bâtiments reconstruits après les incendies du XVIIIe siècle.
Le site, passé entre les mains du joaillier Georges Mauboussin dans l'entre-deux-guerres, fut restauré et agrandi par l'architecte Paul Ruaud. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les lieux servirent de résidence aux officiers allemands. Bien que l'abbaye soit aujourd'hui une propriété privée lotie, la grange et quelques ruines de l'église restent visibles, rappelant son passé monastique et agricole.
La grange se distingue par ses trois vaisseaux de cinq travées, délimités par des arcades en arc brisé. Contrairement aux granges céréalières, ses ouvertures sont situées sur les murs gouttereaux, suggérant une utilisation mixte (élevage et stockage). Des textes de 1714 confirment l'usage partiel des bas-côtés comme étables, tout en conservant une orientation nord-sud typique des granges à céréales.