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Grange de Vaulerent à Villeron dans le Val-d'oise

Patrimoine classé Patrimoine rural Grange

Grange de Vaulerent à Villeron

  • D165E
  • 95380 Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Grange de Vaulerent à Villeron
Crédit photo : Mel22 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
95380 Villeron, D165E

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1138
Fondation du domaine
1315
Passage en fermage
XIIIe siècle
Construction de la grange
1791
Vente comme bien national
1889
Classement monument historique
1990
Inscription complémentaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Grange : classement par liste de 1889 ; Colombier ; puits ; caves (cad. C 62) : inscription par arrêté du 20 février 1990

Personnages clés

Louis VI le Gros - Roi de France Co-acquéreur du domaine en 1138.
Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau - Acquéreur révolutionnaire Acheteur du domaine en 1791.
Charles Higounet - Historien médiévaliste Auteur d’études fondatrices sur Vaulerent.
Walter Horn - Historien de l’art Études architecturales dans les années 1960.
Émile Lecerf - Fermier-propriétaire Modernise l’exploitation au XXe siècle.

Origine et histoire de la grange de Vaulerent

La grange de Vaulerent, située à Villeron dans la plaine de France, est une ancienne exploitation agricole cistercienne fondée au XIIe siècle par l’abbaye de Chaalis. Ce domaine, acquis en 1138 grâce à un achat conjoint du roi Louis VI le Gros et des moines, était initialement couvert de bois et de terres incultes. Les moines cisterciens, aidés par des dons de seigneurs locaux comme Barthélemy de Montgé ou Guillaume de Goussainville, défrichent et structurent le territoire entre 1140 et 1160, créant un vaste domaine céréalier de près de 380 hectares.

La grange, construite au XIIIe siècle, mesure 72 mètres de long et servait de lieu de stockage pour les récoltes. Exploitée directement par les moines convers jusqu’en 1315, elle passe ensuite en fermage en raison de la crise agricole et du manque de main-d’œuvre. En 1791, elle est vendue comme bien national après la Révolution, puis acquise par Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau. La grange, classée monument historique en 1889, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture agricole médiévale et de l’organisation cistercienne.

Le domaine de Vaulerent, isolé des agglomérations, était organisé autour d’une exploitation céréalière utilisant un assolement triennal innovant pour l’époque. Les moines y cultivaient blé, orge et seigle, atteignant des rendements élevés grâce à des techniques avancées comme le marnage. La grange, avec ses trois vaisseaux et ses arcades en pierre, symbolise cette efficacité agricole. Au fil des siècles, elle passe entre les mains de familles de fermiers influents, comme les Bruslé ou les Navarre, qui modernisent son exploitation tout en conservant son rôle central dans la production céréalière régionale.

Au XXe siècle, la famille Lecerf, propriétaire depuis 1922, diversifie les cultures vers les betteraves et les pommes de terre, tout en préservant le patrimoine. La grange, toujours en activité, abrite aujourd’hui une exploitation de 500 hectares et une usine de conditionnement. Son colombier, ses caves médiévales et son puits, inscrits aux monuments historiques en 1990, complètent ce site remarquable, adhérent à la charte européenne des abbayes cisterciennes.

La légende locale de la « grange du diable » raconte qu’un fermier aurait conclu un pacte avec le diable pour achever sa toiture avant l’aube, rompu grâce au chant prématuré d’un coq. Cette histoire, attestée dès le XVIIIe siècle, reflète l’admiration populaire pour ce bâtiment imposant. Les études de Charles Higounet et Walter Horn ont mis en lumière son importance historique, en faisant un modèle pour comprendre l’agriculture médiévale et l’architecture cistercienne en Europe.

Liens externes

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