Acquisition par les Chartreux Début XVIe siècle (≈ 1604)
Seigneurie d’Escoussens et création des granges.
1666
Date gravée dans les caves
Date gravée dans les caves 1666 (≈ 1666)
Preuve d’aménagements anciens au manoir.
1792
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1792 (≈ 1792)
Rachat par P.J. Ladès, rénovations majeures.
1876
Acquisition par la famille Auban
Acquisition par la famille Auban 1876 (≈ 1876)
Construction de la chapelle, modernisation.
28 juin 1988
Inscription monument historique
Inscription monument historique 28 juin 1988 (≈ 1988)
Protection des deux granges cartusiennes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Granges cartusiennes de Fonbruno (deux anciennes) (cad. B 383, 384) : inscription par arrêté du 28 juin 1988
Personnages clés
P.J. Ladès - Inspecteur des Subsistances Militaires
Acheteur en 1792, rénovateur du domaine.
Famille Auban - Propriétaires marseillais (1876–1942)
Ajout de la chapelle, modernisations.
Origine et histoire
Les granges cartusiennes de Fonbruno, aussi nommées ferme des Chartreux, sont situées à Escoussens (Tarn, Occitanie). Dépendantes de la chartreuse Notre-Dame-de-Bellevue de Saïx, elles tirent leur nom du lieu-dit Fontbruno dans la Montagne Noire. Leur histoire débute au XVIe siècle, lorsque les Chartreux acquièrent la seigneurie d’Escoussens et transforment une ancienne métairie (élevage, bois, ferronnerie, verrerie) en granges monacales. Des aménagements hydrauliques comme le vivier de Roudille datent de cette période.
Les bâtiments actuels — deux granges et un manoir — datent principalement des XVIIIe et XIXe siècles. En 1792, pendant la Révolution, P.J. Ladès, inspecteur des Subsistances Militaires, achète le domaine comme bien national. Il rénove les granges (ajout d’une bergerie et d’une écurie), encadre les ouvertures de granite, et construit le manoir actuel. La deuxième grange, endommagée, est entièrement reconstruite. En 1876, la famille Auban de Marseille acquiert le domaine, y ajoute une chapelle, modernise le manoir, puis le revend en 1942.
Le domaine passe en 1965 sous la gestion du conseil général du Lot, qui y installe une colonie de vacances (bâtiments en béton ajoutés à cette époque). Aujourd’hui propriété privée, seules les deux granges cartusiennes sont classées monuments historiques depuis 1988. Leur architecture allie moellons de schiste, encadrements en grès/granite, et toits couverts de lévrets (ardoises locales). Les systèmes hydrauliques — canaux, viviers, lac du XIXe siècle — témoignent de l’ingéniosité des Chartreux.
La grange A, la plus grande, présente une salle voûtée de grands arcs brisés en pierre supportant une charpente, avec une porte en plein cintre ornée d’une tête de cheval sculptée. La grange B, plus simple, possède une charpente et deux larges ouvertures à l’est. Le manoir, en plan en U avec tours carrées et escalier monumental, conserve des éléments du XVIIIe siècle (fenêtres en arc segmentaire, oculi en grès). La chapelle, voûtée d’ogives, date de 1876.
À l’origine, Fontbruno était une obédience (bien rural cartusien sans personnel monastique), gérée par un procureur. Les Chartreux y développèrent une politique hydraulique sophistiquée, tandis que les guerres de Religion les y réfugièrent temporairement. La métairie initiale, active dès la fin du XVe siècle, fut transformée en domaine agricole sous l’Ancien Régime. Les vestiges les plus anciens visibles (caves voûtées du manoir) dateraient de 1666, mais la plupart des structures actuelles remontent aux XVIIIe–XIXe siècles.
L’inscription aux monuments historiques en 1988 ne concerne que les deux granges (parcelles B 383 et 384), excluant le manoir et la chapelle. Le site, à 850 m d’altitude dans la forêt de Cayroulet, illustre l’adaptation des Chartreux à un environnement montagneux, combinant exploitation agricole, gestion de l’eau, et retrait spirituel. Les matériaux locaux (schiste, grès, granite) et les techniques constructives (voûtes, arcs diaphragmes) reflètent cette intégration au territoire.