Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Grenier à sel de Pouancé à Pouancé en Maine-et-Loire

Patrimoine classé
Patrimoine urbain
Grenier
Grenier à sel

Grenier à sel de Pouancé

    19-21 Rue Saint-Aubin
    49420 Ombrée d'Anjou
Propriété de la commune
Grenier à sel de Pouancé
Grenier à sel de Pouancé
Crédit photo : Romain Bréget - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIVe siècle
Institution probable du grenier
1669
Attaque des « cadets de Bretagne »
1726
Édit royal sur le prix du sel
1740
Arrêt contre les visites domiciliaires
1772
69 gabelous en 11 brigades
1790 (environ)
Disparition à la Révolution
1996
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. AB 34) : inscription par arrêté du 4 juillet 1996

Personnages clés

Cadets de Bretagne - Groupe de faux-sauniers et soldats Auteur de l’attaque de 1669 à Pouancé.
Gabelous - Agents des gabelles 69 hommes en 1772 pour lutter contre la contrebande.
Faux-sauniers - Contrebandiers du sel Actifs dans le triangle Ancenis-Pouancé-Angers.

Origine et histoire

Le grenier à sel de Pouancé, situé à la frontière entre l’Anjou et la Bretagne, fut probablement institué dès le XIVe siècle, mais le bâtiment actuel date du XVIIIe siècle. Il servait à entreposer le sel soumis à la gabelle, un impôt royal impopulaire, et étendait sa juridiction sur 21 paroisses angevines. La région, propice à la contrebande, voyait s’affronter gabelous (agents des gabelles) et faux-sauniers (contrebandiers), avec des épisodes violents comme l’attaque de la prison en 1669 par des « cadets de Bretagne » pour libérer des prisonniers.

Au XVIIIe siècle, le grenier jouait un rôle administratif et fiscal clé : en 1726, un édit royal fixa à 39 livres le prix du minot de sel d’impôt pour les 21 paroisses dépendantes, dont Pouancé, Armaillé ou Combrée. Malgré la présence de 69 gabelous répartis en 11 brigades en 1772, la contrebande alimentait encore la moitié du marché local. Le bâtiment, construit à l’entrée du château de Pouancé (deuxième forteresse d’Anjou), symbolisait aussi le pouvoir royal face aux résistances locales.

L’institution disparut à la Révolution française, mais le grenier, caractérisé par son toit à croupes et son rez-de-chaussée bas, fut inscrit aux monuments historiques en 1996. Son histoire illustre les tensions sociales liées à la gabelle, ainsi que l’importance stratégique de Pouancé, carrefour entre Anjou et Bretagne. Les archives mentionnent aussi des conflits juridiques, comme l’arrêt de 1740 interdisant les visites domiciliaires arbitraires par les gabelous.

Aujourd’hui, le grenier à sel témoigne de ce passé fiscal et architectural. Sa localisation à Ombrée d’Anjou (anciennement Pouancé), près d’Ancenis et Angers, en faisait un point névralgique du « triangle de la contrebande », où s’organisait un trafic massif de sel entre l’Anjou et la Bretagne, moins taxée. Les faux-sauniers, souvent recrutés localement, défiaient régulièrement l’autorité royale, comme en témoignent les archives judiciaires de l’époque.

Liens externes