Construction de l’entrepôt 1733-1734 (≈ 1734)
Édifié par François Lebaud pour stocker le sel.
1790
Fin de la gabelle
Fin de la gabelle 1790 (≈ 1790)
Abolition par la Révolution française.
1935
Effondrement de la toiture
Effondrement de la toiture 1935 (≈ 1935)
Disparition de la charpente d’origine.
1er juillet 1991
Classement monument historique
Classement monument historique 1er juillet 1991 (≈ 1991)
Protection officielle du bâtiment.
2015-2020
Réhabilitation complète
Réhabilitation complète 2015-2020 (≈ 2018)
Transformation en espace culturel polyvalent.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Entrepôt aux sels (cad. AI 293, 294) : classement par arrêté du 1er juillet 1991
Personnages clés
François Lebaud - Commanditaire de la construction
Initiateur de l’entrepôt en 1733-1734.
Origine et histoire du Grenier à sel
Sous l’Ancien Régime, le sel était un monopole d’État dans les pays de « Grande Gabelle », où les habitants devaient acheter annuellement une quantité imposée. La gabelle, impôt sur le sel, était gérée par des fermiers qui avançaient les fonds à la royauté avant de les recouvrer auprès de la population. Les greniers à sel, créés au Moyen Âge, servaient à la fois de tribunaux pour les infractions liées à la gabelle et d’entrepôts pour le stockage. Ces bâtiments jouaient un rôle clé dans l’économie locale et le contrôle fiscal royal.
L’entrepôt des sels de Saint-Valery-sur-Somme fut construit en 1733-1734 sur le quai Lejoille, à l’initiative de François Lebaud, pour stocker le sel acheminé par voie maritime. D’une capacité exceptionnelle de 18 à 20 000 tonneaux (environ 19 000 tonnes), il approvisionnait les greniers à sel de Picardie, Champagne et Bourgogne. Avec ses trois magasins de 45,5 m de long et ses 3 700 m2, il était l’un des plus vastes du royaume. Sa toiture, effondrée en 1935, n’a jamais été reconstruite à l’identique.
La Révolution française abolit la gabelle en 1790, mettant fin à la fonction première de l’entrepôt. Le bâtiment changea alors plusieurs fois de propriétaires avant d’être racheté par la municipalité en 1982. Classé monument historique en 1991, il fut entièrement réhabilité entre 2015 et 2020. Aujourd’hui, il abrite une salle de spectacle de 315 places, un espace de réception, l’office de tourisme et un restaurant offrant une vue panoramique sur le port.
Architecturalement, l’entrepôt se distingue par ses murs en brique chaînés de pierre blanche et ses soubassements en grès. Bien que les cloisons internes et les escaliers d’origine aient disparu, il reste le seul exemple subsistant en France d’un entrepôt aux sels de cette envergure. Sa réhabilitation a permis de préserver ce témoignage unique de l’histoire économique et fiscale de la France pré-révolutionnaire.