Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de l'édification du mégalithe.
10-11 octobre 1910
Début des travaux de redressement
Début des travaux de redressement
10-11 octobre 1910 (≈ 11)
Utilisation de crics et madriers pour stabiliser.
1814-1815
Chute d'un chêne
Chute d'un chêne
1814-1815 (≈ 1815)
Endommage la dalle et les supports.
1829
Première mention écrite
Première mention écrite
1829 (≈ 1829)
Par Frédéric Galeron dans ses notes.
1896
Description détaillée par Coutil
Description détaillée par Coutil
1896 (≈ 1896)
Inventaire des menhirs et dolmens de France.
janvier 1911
Fin de la restauration
Fin de la restauration
janvier 1911 (≈ 1911)
Ajout du 5e support et ajustements finaux.
4 avril 1911
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
4 avril 1911 (≈ 1911)
Protection officielle du dolmen.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit la Grosse Pierre (cad. E 258) : classement par arrêté du 4 avril 1911
Personnages clés
| Frédéric Galeron - Historien local |
Premier à mentionner le dolmen en 1829. |
| Auguste Le Prévost - Archiviste et historien |
Erronément signale sa destruction en 1832. |
| Léon Coutil - Président de la Société préhistorique française |
Dirige la restauration en 1910-1911. |
| Amélie Bosquet - Auteure et folkloriste |
Évoque le dolmen en 1845 dans *La Normandie romanesque*. |
| Vicomte de Pulligny - Historien de l'art |
Reprend l'erreur sur sa destruction en 1879. |
Origine et histoire
La Grosse Pierre de Verneusses, aussi appelée Pierre Couplée, est un dolmen néolithique situé sur la commune de Verneusses, dans le département de l’Eure. Ce mégalithe se trouve au bord de l’ancienne voie romaine reliant Rouen à Alençon, aujourd’hui la rue du Dolmen. Sa particularité réside dans sa dalle de couverture triangulaire, composée de poudingue en partie supérieure et de grès en partie inférieure, mesurant jusqu’à 4 mètres de long. Quatre supports en poudingue ou grès, complétés par un cinquième ajouté en 1910, maintiennent cette structure imposante.
Le dolmen est mentionné pour la première fois en 1829 par Frédéric Galeron, qui s’intéresse à son nom évocateur, partagé avec d’autres mégalithes de la région comme ceux de La Ferté et Glos-la-Ferrière. Galeron émet l’hypothèse que le terme « couplée » proviendrait d’une racine celtique signifiant « pierre », une interprétation reprise plus tard par Léon Coutil et Amélie Bosquet. Ce dernier suggère plutôt que le nom fait référence à la proximité géographique de ces trois dolmens, formant un triangle symbolique.
En 1832, Auguste Le Prévost et, en 1879, le vicomte de Pulligny affirment à tort que le monument a été détruit, une erreur corrigée seulement en 1896 par Léon Coutil, président de la Société préhistorique française. Coutil décrit alors l’état dégradé du dolmen, endommagé en 1815 par la chute d’un chêne qui a déplacé la dalle et renversé plusieurs supports. En 1910, il supervise une campagne de restauration minutieuse : la dalle est redressée à l’aide de crics et de madriers, les supports sont replacés ou ajustés, et un cinquième support est ajouté pour stabiliser l’ensemble. Malgré les critiques de certains amateurs, cette intervention permet de sauver le monument.
Lors des travaux, Coutil mène des fouilles sous le dolmen, découvrant un sol composé de glaise compacte et de silex, mais aucun vestige archéologique significatif. Ces efforts aboutissent au classement du dolmen au titre des monuments historiques le 4 avril 1911. Une plaque commémorative, apposée près du mégalithe, rappelle depuis cette protection et les travaux de restauration. Le site, propriété de la commune, reste un témoignage rare des pratiques funéraires et architecturales du Néolithique en Normandie.
La Grosse Pierre de Verneusses illustre l’importance des mégalithes dans le paysage historique normand. Ces monuments, souvent associés à des voies anciennes comme cette route romaine, marquaient le territoire et servaient probablement de lieux de sépulture collective. Leur préservation, malgré les aléas du temps et les erreurs d’interprétation, offre aujourd’hui un patrimoine archéologique précieux pour comprendre les sociétés préhistoriques de la région.