Frise chronologique
1867
Première mention par Marichard
Première mention par Marichard
1867 (≈ 1867)
Signalement initial de la grotte et de ses signes.
1873
Observation des gravures animales
Observation des gravures animales
1873 (≈ 1873)
Marichard décrit des silhouettes et griffures d’ours.
1945
Redécouverte des gravures
Redécouverte des gravures
1945 (≈ 1945)
Bonnaud et Saussac retrouvent les œuvres oubliées.
19 juin 1947
Classement monument historique
Classement monument historique
19 juin 1947 (≈ 1947)
Protection officielle de la grotte et de son art.
1964
Fermeture au public
Fermeture au public
1964 (≈ 1964)
Dégâts irréversibles (graffitis, concrétions brisées).
1964-1999
Campagnes d’études scientifiques
Campagnes d’études scientifiques
1964-1999 (≈ 1982)
Topographie, fouilles, inventaire des gravures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La grotte (cad. F 319, 320) : classement par arrêté du 19 juin 1947
Personnages clés
| Jules Ollier de Marichard - Explorateur et archéologue amateur |
Premières mentions et descriptions des gravures (1867-1873). |
| A. Bonnaud et G. Saussac - Spéléologues |
Redécouvrent les gravures en 1945 après leur oubli. |
| André Glory - Préhistorien |
Réalise les premiers relevés scientifiques en 1946. |
| Bernard Gély - Archéologue contemporain |
Publications récentes sur l’art rupestre (2019-2024). |
Origine et histoire
La grotte d'Ebbou, aussi appelée grotte du Château d'Ebbo, est une cavité ornée située sur la commune de Vallon-Pont-d'Arc, en Ardèche (région Auvergne-Rhône-Alpes). Elle se distingue par ses 69 gravures pariétales, principalement des représentations animales (chevaux, aurochs, bouquetins), réalisées sur des parois aux reliefs marqués. Ces œuvres, d’un style dépouillé et exploitant habilement les aspérités naturelles de la roche, sont attribuées par comparaison stylistique au Magdalénien supérieur, une période du Paléolithique supérieur. La grotte, fouillée depuis la fin du XIXe siècle, a été classée monument historique en 1947 pour préserver son patrimoine fragile.
La découverte des gravures remonte à 1867, lorsque Jules Ollier de Marichard mentionne pour la première fois la grotte, évoquant des « signes du zodiaque » et des « griffures d’ours des cavernes ». En 1873, il observe des silhouettes animales esquissées, mais ces œuvres tombent dans l’oubli jusqu’à leur redécouverte en 1945 par les spéléologues A. Bonnaud et G. Saussac. André Glory en réalise les premiers relevés en 1946. Ouverte au public jusqu’en 1964, la grotte est fermée en raison de dégradations (décapage du sol, bris de concrétions, graffitis modernes). Entre 1964 et 1999, plusieurs campagnes d’études approfondissent sa topographie, son inventaire archéologique et ses techniques artistiques.
Le nom de la grotte provient d’une maison forte du XVIe siècle, le « château d’Ebb », construite pour surveiller le trafic fluvial sur l’Ardèche, alors une voie commerciale majeure. Les ruines de cette construction sont encore visibles près de l’entrée. La cavité, longue de 260 mètres, se développe sur cinq parties distinctes, dont une salle principale concentrant l’essentiel des gravures. Ces dernières, réalisées sur des panneaux face à face, exploitent le relief pour suggérer les volumes des animaux, avec des détails anatomiques réduits à l’essentiel (crinières, ramures, encornures). Une similitude stylistique avec les représentations de la grotte Chauvet voisine, datées de l’Aurignacien, est soulignée.
Les fouilles archéologiques menées dans l’entrée de la grotte par J. P. Thévenot ont révélé des couches attribuées au Magdalénien supérieur, confirmant l’occupation préhistorique du site. Malgré sa fermeture au public, la grotte d’Ebbou reste un sujet d’études, comme en témoignent les relevés d’art rupestre publiés entre 2019 et 2024 par Bernard Gély. Ces travaux récents visent à documenter et préserver un patrimoine fragile, marqué par des siècles d’érosion et d’interventions humaines.