Frise chronologique
entre -15 000 et -10 000 ans
Période d'occupation magdalénienne
Période d'occupation magdalénienne
entre -15 000 et -10 000 ans (≈ 0)
Gravures et peintures réalisées par l’Homme
1902
Redécouverte de la grotte
Redécouverte de la grotte
1902 (≈ 1902)
Par Denis Peyrony
27 mai 1904
Classement monument historique
Classement monument historique
27 mai 1904 (≈ 1904)
Arrêté de protection officiel
1994-1995
Études par les Delluc
Études par les Delluc
1994-1995 (≈ 1995)
Recherches archéologiques approfondies
2000
Ouverture touristique limitée
Ouverture touristique limitée
2000 (≈ 2000)
Exploitation commerciale par le propriétaire
2011
Sortie du documentaire
Sortie du documentaire
2011 (≈ 2011)
*Le dernier paysan préhistorien* après 5 ans de tournage
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Grotte de Bernifal : classement par arrêté du 27 mai 1904
Personnages clés
| Denis Peyrony - Archéologue |
Redécouvreur de la grotte en 1902 |
| Louis Capitan - Préhistorien |
Étudia la grotte avec Breuil |
| Henri Breuil - Abbé et préhistorien |
Analysa les tectiformes en 1903 |
| Brigitte et Gilles Delluc - Archéologues |
Menèrent des fouilles en 1994-1995 |
Origine et histoire
La grotte de Bernifal, située à Meyrals en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine), est une grotte ornée du Paléolithique supérieur, occupée par l’Homme durant le Magdalénien (entre -15 000 et -10 000 ans). Elle abrite 110 gravures et peintures, principalement des mammouths, bovinés, équidés et signes tectiformes, ces derniers étant une particularité régionale rare. La grotte, d’environ 90 mètres de long, conserve un aspect proche de celui connu par les hommes préhistoriques.
La grotte est redécouverte en 1902 par Denis Peyrony, puis étudiée par Louis Capitan et l’abbé Breuil, suivis par Brigitte et Gilles Delluc dans les années 1990. Classée monument historique dès 1904, elle est une propriété privée et fait l’objet d’un documentaire en 2011, Le dernier paysan préhistorien, après cinq ans de tournage. Son accès touristique, limité et sur réservation depuis l’an 2000, préserve son intégrité.
Parmi ses particularités, Bernifal compte un tectiforme unique formé de centaines de points rouges, ainsi qu’une rare représentation humaine coiffée de cornes ou d’une ramure. Un mammouth tracé à l’argile, situé en hauteur dans une cheminée difficile d’accès, illustre l’adaptation des artistes préhistoriques au relief naturel. Seules quatre grottes en France, toutes situées près des Eyzies-de-Tayac, présentent des tectiformes indiscutables, soulignant l’importance régionale de ce site.
Les tectiformes, motifs absents de l’art mobilier et spécifiques à l’art pariétal, restent énigmatiques. Henri Breuil, en 1903, s’interrogeait déjà sur leur signification, notant leur abondance exceptionnelle à Bernifal. Ces signes, ainsi que les mains négatives et les animaux peints, témoignent d’une activité artistique intense durant le Magdalénien, période marquée par un climat froid et une société de chasseurs-cueilleurs nomades.
La grotte s’inscrit dans un réseau de sites ornés découverts au début du XXe siècle, aux côtés d’Altamira, des Combarelles ou de Font-de-Gaume. Son étude a contribué à la compréhension de l’art préhistorique, notamment grâce aux travaux de Véronique Brunet sur ses mammouths (1987) et aux analyses symboliques comme celles de Julien Starck (2016). Aujourd’hui, son statut de grotte privée et son exploitation touristique mesurée en font un site préservé, loin du tourisme de masse.